Une ancienne membre des Brigades rouges arrêtée

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Publié le 23 août 2007.

JUSTICE – Marina Petrella résidait depuis plus de vingt ans en France...

Marina Petrella, une ancienne membre des Brigades rouges italiennes arrêtée mercredi en France, a refusé son extradition vers l’Italie. Après vingt ans de cavale, cette brigadiste s’était rendue avec sa fille de dix ans après un contrôle routier, dans un commissariat d’Argenteuil. «Elle vivait au grand jour», précise son avocate. Mariée à un Français et titulaire d’une carte de séjour de dix ans, elle travaillait comme assistante sociale dans le Val-d’Oise. Elle est désormais placée sous écrou dans l’attente d’une éventuelle extradition : cette procédure pourrait donc durer quelque temps, la Cour européenne de justice étant l’ultime recours.
 
«Brillante opération»
 
Marina Petrella, 53 ans, fait partie des douze militants d’extrême gauche condamnés pour crime de sang dont Rome avait demandé l’extradition à la France en octobre 2006. Le président du Conseil italien, Romano Prodi, a exprimé dans un communiqué sa «grande satisfaction pour cette brillante opération» et «remercie les hommes de l'antiterrorisme français qui ont mené cette opération importante»
 
Meurtre d’un commissaire
 
En 1992, une cour italienne a condamné Marina Petrella par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’un commissaire de police en 1981, pour la séquestration d’un magistrat ainsi que pour vol avec arme et attentats. Arrêtée en 1982, la brigadiste avait profité d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire en 1986 pour s’enfuir en France.
 
Jurisprudence Mitterrand
 
Après Cesare Battisti, finalement arrêté en mars à Rio de Janeiro, au Brésil, et Paolo Persichetti, extradé en 2002, Marina Petrella est la troisième activiste d’extrême gauche à subir une procédure d’extradition après avoir bénéficié de la «jurisprudence Mitterrand». L'ancien président de la République avait pris l'engagement en 1985 de ne pas extrader ces personnes à condition qu'elles renoncent à la violence, excluant toutefois les auteurs de crimes de sang.
avec AFP
Les Brigades rouges
Les Brigades Rouges ont été l'un des principaux acteurs des «années de plomb» (1970-1980) en Italie. Ils ont notamment assassiné l'ancien chef du gouvernement et leader de la Démocratie-Chrétienne Aldo Moro, en 1978, après l’avoir enlevé et détenu pendant 55 jours. Dans les années 70-80, le terrorisme d'extrême gauche et d'extrême droite a fait plus de 400 morts en Italie.
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