INTERVIEW – Frederic Antraigne , membre de l'association «Elvis my Happiness» explique en quoi consiste le culte voué au King…
Frederic Antraigne , membre de l’association «Elvis my Happiness» explique en quoi consiste le culte voué au King…
Comment fonctionne l’association Elvis my happiness?
Elle a été créée en 1992 par Jean-Marie Pouzenc, (auteur de «50 ans avec Elvis», aux éditions Carpentier) et elle compte aujourd’hui environ 4.000 membres. Elle est considérée comme le deuxième fan-club mondial, juste après les Anglais. Les Etats-Unis ne comptent pas car ils ont un club par Etat.
Quelles sont vos activités?
D’abord, nous passons beaucoup de temps à travailler à la publication de notre fanzine trimestriel de 70 pages. On y chronique les disques, parce qu’il faut savoir qu’en plus des albums distribués par sa maison de disque (BMG), il y a beaucoup de disques «pirates» et avec les 2.500 concerts que le King a donnés en huit ans, ça ne risque pas de s’arrêter. Sinon, nous passons beaucoup de temps à organiser nos voyages annuels à Memphis.
Justement, que faites-vous lors de ces pèlerinages ?
Il y a
Graceland, le passage obligé. Nous visitons sa maison, qui est restée intacte depuis 1977 et le showroom, où sont exposés tous ses disques, ses films et ses costumes. Puis, on se recueille sur sa tombe.
En 2005, 25% des Américains affirmaient qu’Elvis était toujours en vie... Vous croyez aussi à cette théorie du complot?
Pas du tout. A l’association, nous sommes tout à fait clairs sur le sujet. Elvis est mort, Joe Esposito, son manager l’a trouvé dans sa salle de bains. Mais il faut croire que le tiroir-caisse marche toujours.
Mais vous parvenez à vous retrouver entre fans de différents pays?
C’est ce qui est beau avec Elvis. Sa musique rassemble des gens de tous les horizons. Il y a des fan clubs en Australie, en Iran, en Afrique du Sud… En août 2002, j’ai même vu des femmes en tchador déposer des fleurs sur sa tombe. Nous communiquons avec beaucoup de pays. Nous avons même parlé au téléphone avec Priscilla Presley. Nous avons aussi rencontré sa fille, Lisa-Marie, mais elle n’était pas très accessible. C’est pas grave, nous ce qui nous intéresse, c’est son œuvre et ce qu’il a fait pour les Etats-Unis.
Alors, les sosies d’Elvis, vous ne devez pas être très fans…
Pas du tout ! Ça aussi, c’est du business. J’ai vu une émission du «Maillon faible» avec des sosies d’Elvis, c’était consternant. En plus, ils sont toujours affublés de
costumes alors, qu’Elvis, lui, ne les portait que sur scène. Dans la vie, il était habillé comme tout le monde.
Si vous cultivez autant sa mémoire, c’est que vous ne lui avez pas trouvé de digne héritier?
Il n’y en a pas. Les médias ont beaucoup parlé de Bruce Springsteen, mais ça n’est quand même pas pareil. Et aujourd’hui, personne n’a réussi à l’égaler. De toute façon, on ne connaît pas encore tout du King. Radio Nostalgie passe une vingtaine de ses chansons, mais il y en a encore tellement à découvrir!
recueilli par Nadia Daam