CULTURE – Le Président veut passer par la télé pour que la culture se diffuse dans les chaumières...
A l’occasion de la représentation du «Trouvère», l’opéra de Verdi, mardi soir aux
Chorégies d’Orange et
en même temps sur France 2, Nicolas Sarkozy a dit afficher «une grande ambition pour la culture». En la matière, les paroles du président de la République sont plutôt rares. Mais de quelle ambition parle-t-il?
«Je veux que la France redevienne la capitale des arts», explique Nicolas Sarkozy qui souhaite faire «partager au plus grand nombre des œuvres, textes, concerts qu’ils n’auraient pas vus si l’Etat ne s’engageaient pas puissamment».
Selon lui, ce partage ne saurait se faire sans télé.
Dans son discours du 4 avril dernier, il disait déjà: «la démocratisation de la culture passe par une télévision de qualité, parce que c’est le média que chacun regarde, qui pénètre dans tous les foyers. Trois à quatre heures par jour! Près de 100.000 heures dans une vie! L’enjeu est considérable (…)».
Cependant, la diffusion de spectacles vivants ou de feuilletons adaptés d’œuvres littéraires sur les chaînes de télévision coûte bonbon. «Nous devrons trouver des solutions, sans tabou, car un financement convenable est indispensable si nous voulons mettre la barre de la création et de l'imagination audiovisuelles à la hauteur qui devrait être les leurs», déclarait Nicolas Sarkozy au printemps après avoir constaté: «c'est un fait, l'audiovisuel public est actuellement sous financé».
Financer la culture à la télé, c’est aussi prendre le risque qu’il n’y ait pas le retour sur investissement espéré. Car le public, même demandeur, ne suit pas toujours une programmation culturelle souvent jugée soporifique. Sempiternel casse-tête pour la télé du service public: le difficile mariage de l'exigence et de l'audience. «Les téléspectateurs nous réclament de la culture, de l'Opéra, du Pivot. Mais lorsqu'on satisfait ces attentes, ils ne suivent pas. On s'interroge...» avoue-t-on, perplexe, auprès de France Télévisions.
Vincent Meslet, directeur des programmes de France 3,
l'expliquait lors de la diffusion des Victoires de la musique en direct, le 28 février dernier: «on ne met pas, ou rarement, de captation de concert en première partie de soirée, car ce genre de programme a du mal à trouver son public. Plus les émissions sont spécialisées en musique classique, moins elles font de l’audience, c’est un fait».
La solution? Innover, vaste programme. «Pour parler de musique classique, et donner envie d’en écouter, on travaille sur d’autres formats d’écriture que la captation pure et simple: des documentaires, des fictions autour de compositeurs comme Beethoven».
Mardi soir, sur France 2, 1,5 million de téléspectateurs ont regardé l'opéra en prime time (soit 10,6% de part d'audience), loin derrière les 9,5 millions de téléspectateurs (45,3% de part d'audience) happés par «On a retrouvé la 7ème compagnie» sur TF1.