«Le gouvernement veut rendre virtuel le droit de grève»

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Publié le 31 juillet 2007.

REPORTAGE - Plus d'un millier de personnes se sont rassemblées près de l'Assemblée contre la loi sur le service minimum...

«Des transports pour tout le monde, pas de service minimum.» Plus de 2.000 personnes selon les organisateurs, 1.300 selon la préfecture, étaient rassemblées ce mardi en milieu d'après-midi place-du-président-Edouard-Herriot, à proximité de l'Assemblée nationale à Paris (7e). Objectif : protester contre le projet de loi sur le service minimum, examiné depuis lundi par les députés.

Ambiance calme et bon enfant

«La mobilisation est tout à fait honorable pour un 31 juillet se félicite un militant CFDT, d'autant qu'il a 70 rassemblements dans toute la France.»

Dans une ambiance calme et bon enfant, les banderoles CGT, CFDT et FO, mais aussi celles de la LCR et du PCF, dominent une foule constituée essentiellement de cheminots et d'agents de la RATP.

Pour Rémy Aufrère, militant FO qui travaille à la SNCF depuis 24 ans, «le gouvernement veut rendre virtuel le droit de grève», alors que les mobilisations sociales, selon lui, ne nuisent pas au confort des voyageurs. Sur «6.040 incidents par an, seuls 143 sont le fait d'un mouvement de grève», précise-t-il. «Cette loi ne se focalise que sur le conflit et ne propose rien sur la prévention», renchérit Jean-Louis Mousset, secrétaire général de la CFDT pour la RATP. Didier Le Reste, secrétaire national des cheminots CGT va plus loin : «Ce texte est inutile, dangereux et contre-productif.»

D'autres militants profitent de ce rassemblement pour rappeler qu'«aucun jour de grève n'est payé à la RATP ou à la SNCF, et ce depuis au moins 1995», contrairement à ce qu'avait affirmé Nicolas Sarkozy le 20 juin sur TF1.

Les politiques s'invitent


A 15h10, mouvement dans la foule : le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayraut, et le premier secrétaire du PS, François Hollande, font une courte apparition. Ils provoquent une bousculade parmi les journalistes. Avant de se faire conspuer par les manifestants, notamment ceux de la CGT. «François Hollande nous a trahis, déplore un jeune cheminot CGT. Il ne tient pas son parti. Et son ex-compagne, Ségolène Royal, a renié certaines de ses propositions comme le Smic à 1.500 euros.»

D'autres se félicitent tout de même de la venue du Premier secrétaire. «Ce n'est pas la bonne méthode de créer des conflits pour essayer d'en déminer d'autres», a déclaré ce dernier avant de rejoindre l'Hémicycle.

Même écho du côté du sénateur socialiste de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, qui, lui, prend le temps de se promener. Il est heureux. «Ca me remonte le moral d'être ici plutôt que dans l'Hémicycle», confie celui qui pense que le gouvernement entend, par son projet de loi, «affaiblir la forte mobilisation en vue de la réforme des régimes spéciaux de retraites».

Délégation reçue par le groupe socialiste

Vers 15h30, une délégation de huit représentants syndicaux est reçue à l'Assemblée nationale par le groupe des députés socialistes. La chambre basse a d'ailleurs suspendu ses travaux à 15h, à la demande des groupes de gauche, durant 30 minutes afin de rendre possible cette entrevue.

De son côté, le président de la commission spéciale, l'UMP Hervé Mariton a indiqué que des députés de son groupe «avaient déjà rencontré les manifestants». «Nos collègues doivent avoir des difficultés d'organisation, car la rencontre pouvait se faire avant notre séance», a-t-il ironisé.





A.S avec, sur place, Catherine Fournier
Ailleurs Entre 70 et 80 actions symboliques ont eu lieu mardi dans les grandes villes de France - remises de pétition, rassemblements devant les préfectures ou dans les gares - pour protester contre le texte jugé attentatoire au droit de grève par les syndicats, essentiellement parce qu'il impose aux salariés des entreprises de transport de déclarer 48 heures avant un conflit s'ils feront grève ou non afin de pouvoir prévenir les usagers des transports.
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