SANTE - Depuis l’annonce de l’externalisation de trois centres d’appel...
Alors qu’une salariée
a tenté de se suicider samedi, les arrêts maladie sont en hausse chez SFR, a-t-on appris lundi de sources syndicales. En cause, semble-t-il, l’annonce de l’externalisation de trois centres d’appel le 23 mai dernier.
«Période chargée émotionnellement»
Pour la direction, «il est normal que dans une période chargée émotionnellement, des personnes se mettent davantage en arrêt de travail». En temps normal, le taux d'arrêts maladie quotidien est de 15% des effectifs chez SFR service clients, soit le taux moyen du secteur, souligne-t-elle.
A Poitiers, où a eu lieu la tentative de suicide, 790 arrêts maladie ont été comptabilisés (toutes durées confondues) en 58 jours depuis l'annonce de l'externalisation, pour un effectif de 570 salariés. Depuis début juillet, 249 arrêts ont été recensés sur le site, contre 140 pour l'ensemble du mois de juillet 2006, et en juin il y a eu 315 arrêts, contre 142 en juin 2006, de source syndicale. Selon la direction du site cependant, «le taux de présence est de 90% depuis le 3 mai».
«L'annonce des transferts a été un choc, elle a fragilisé les salariés. Tous ne se sentent plus capables d'assumer leur poste, ainsi que les objectifs quantitatifs et qualitatifs imposés», explique Anne Eva, déléguée CGT à Lyon. Pour Franck Berne, délégué CFDT de Poitiers, «au-delà de ce geste de désespoir (la tentative de suicide), la situation est grave».
SFR prévoit de transférer le 1er août trois de ses centres d'appels à deux sous-traitants: Teleperformance pour Lyon et Toulouse, et la Division Arvato Services (filiale du groupe allemand Bertelsmann) pour Poitiers.
3.500 euros de prime
Des accords sur des «mesures et des garanties complémentaires» pour les salariés ont été signés depuis la fin de la procédure d'information-consultation vendredi par la CFE-CGC, FO et l'Unsa, a précisé la direction. Ces accords prévoient notamment le versement d'une prime «pour compensation de perte de revenus» de 3.500 euros à tous les salariés, quelle que soit leur ancienneté.