SOCIAL - Dix-neuf dépressions, deux «burn outs» (épuisement professionnel) et 116 urgences de consultation...
Un travail harassant. Dix-neuf dépressions, deux «burn outs» (épuisement professionnel) et 116 urgences de consultation, parmi les 4.100 salariés du siège d'IBM France, rien que pour les six premiers mois de 2007. Dans un rapport,
les médecins du travail sonnent l'alarme.
«Nous essayons de voir que faire»
La question du mal être au travail devient de plus en plus préoccupante et concrète: deux suicides de salarié survenus lundi 16 juillet chez
Areva et
PSA, qui s’ajoutent aux cas similaires de chez
Renault et EDF, et au suicide à son domicile, en mars 2006, d'un salarié de chez IBM âgé de 34 ans reconnu comme maladie professionnelle. «Nous connaissons ces chiffres, prenons acte et essayons de voir que faire», a déclaré un porte-parole de la direction d’IBM. Quelques services ont d'ailleurs commencé à se réunir pour évoquer le vécu au travail.
Dès 2003, dans une démarche inédite à l'époque, les médecins avaient évalué les risques psycho-sociaux (stress, dépression...) sur plusieurs sites, révélant que 49% des salariés connaissaient un niveau de stress professionnel susceptible d'entraîner une pathologie psychique ou somatique.
En trois ans, ce pourcentage est passé à 65,7%, selon l'étude menée en 2006 sur une population représentative de 239 salariés d'IBM, à la demande du comité d'entreprise. Le stress découlerait de l'organisation et des relations au travail.
«IBM a perdu sa culture d'entreprise»
Parmi les plaintes récurrentes des salariés, recensées par les médecins du travail du siège à La Défense (Hauts-de-Seine), «une charge de travail excessive», une «remise en cause permanente des compétences», la «non-reconnaissance des efforts fournis», l'«irrespect» de certains managers ou encore la notation du personnel. Pour Jean-Michel Daire (CFDT), «IBM a perdu sa culture d'entreprise du fait de l'intégration de multiples sociétés en peu de temps et des restructurations incessantes qui ont conduit à la perte nette de 800 à 1.000 emplois chaque année entre 1992 et 2004». «Nous avons intégré cette précarité et manquons de repères», témoigne-t-il.
AFP