JUSTICE - Trois salariés du technocentre de Guyancourt se sont donné la mort entre octobre 2006 et février 2007...
Alors que Renault
s’est employé à démontrer qu’on ne pouvait pas faire de lien entre suicide et conditions de travail , le constructeur automobile pourrait faire l’objet de poursuites pénales.
Lien entre les suicides
Selon «
Le Monde» daté de jeudi, l'inspectrice du travail chargée d'enquêter sur les trois salariés du technocentre de
Guyancourt (Yvelines)
qui se sont donné la mort entre octobre 2006 et février 2007, a transmis son dossier au procureur de la République de Versailles en fin de semaine dernière.
Elle aurait eu connaissance d'une infraction, laissant ainsi l'appréciation au procureur de donner des suites pénales. Elle s'apprête de son côté à verbaliser Renault pour des dépassements à la durée du travail, a-t-on appris mercredi de source syndicale. Elle estime, par ailleurs qu'elle n'a pas disposé au cours de son enquête d'un pouvoir d'investigation suffisant et demande par conséquent l'appui du procureur de la République.
La procédure pourrait être lourde de conséquences pour Renault. Par sa démarche, l'inspection du travail entend établir un lien entre les trois suicides, que la direction a toujours réfuté. Reste maintenant au procureur de la République à décider de lancer ou non l'ouverture d'une information judiciaire et à désigner, si nécessaire, un juge d'instruction. Le Parquet de Versailles a indiqué mercredi à l'AFP, qu'«à ce jour aucune information judiciaire n'a été ouverte» sur ces dossiers.
Agression d’une assistante
Renault avait annoncé en mars dernier une centaine de recrutements pour alléger la charge de travail et
un plan visant à améliorer l'ambiance au technocentre. Mais un nouvel incident est venu troubler le processus : en avril, un cadre a agressé physiquement une assistante. Victime de plusieurs contusions, celle-ci a eu un arrêt de travail d'une vingtaine de jours. Une nouvelle enquête de l'inspection du travail est en cours.