DIPLOMATIE - Le Président veut voir son Union Méditerranéenne prendre forme au premier semestre 2008...
Vite fait, bien fait. Nicolas Sarkozy a achevé mercredi matin sa tournée éclair au Maghreb. Le Président français a quitté Tunis un peu avant 10h, seconde étape de
son premier déplacement hors d'Europe après l’Algérie. Le Maroc, vexé de figurer en troisième position dans le programme, avait reporté la visite du chef de l’Etat à la rentrée.
Après l’UE, l’UM ?
Nicolas Sarkozy était surtout là pour vendre son projet d’Union méditerranéenne, voué à relancer le
processus de Barcelone. Lancé en 1995 sous l’ère Chirac, ce projet baptisé Euromed était englué dans le conflit israélo-palestinien et
des délais législatifs interminables.
L’objectif du Président français est de bâtir «un projet politique extrêmement fort qui verrait les hommes de la Méditerranée construire la paix et le développement par une Union de la Méditerranée comme il y a 60 ans les Européens ont construit l'Union européenne autour de projets concrets».
Abdelaziz Bouteflika a une «place centrale» pour porter ce projet, a ajouté Nicolas Sarkozy, qui souhaite que cette Union Méditerranéenne voit le jour au premier semestre 2008 lors d'un sommet de chefs d'Etats et de gouvernements.
Comme prévu, Paris et Alger ont par ailleurs presque enterré le projet de «traité d'amitié» amorcé par Jacques Chirac en 2003. En cause, notamment, la question du repentir. Alors qu’Alger demandait des «excuses» pour les «crimes» commis pendant la période coloniale, Nicolas Sarkozy refuse d’envisager une «repentance», pénalisant «tous les Algériens et les Français qui attendent de nous des avancées rapides dans nos relations».
La France et l'Algérie se sont mises d’accord pour privilégier une coopération sur des dossiers concrets, qui pourrait être formalisée lors d'une visite d'Etat du président français début décembre.
Droits de l’homme
Avec son homologue tunisien, enfin, le président français a dit avoir parlé de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Quant à la situation des droits de l'homme en Tunisie, le président français a déclaré qu'il y avait des «progrès» sur la route de la démocratie même si «certains cas» posaient encore problème. Avant de préciser : «Cela n'empêche pas l'appréciation que je porte sur le développement économique de la Tunisie et le cheminement en progrès de la Tunisie vers la démocratie».
C. F.