«Les grâces collectives sont génératrices de récidives»

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Publié le 9 juillet 2007.

INTERVIEW - Christophe Regnard, secrétaire national de l’Union syndicale des magistrats...

Interview de Christophe Regnard, secrétaire national de l’Union syndicale des magistrats, plutôt favorable à l’absence de grâces collectives le 14 juillet.

Quand Nicolas Sarkozy déclare «la grâce collective pour réguler les prisons, je ne l'accepte pas», vous acquiescez?

Ce n’est effectivement pas le moyen adéquat pour régler le problème de la surpopulation carcérale, même si la soudaineté de sa décision ne sera pas sans effet cet été. La grâce permettait tout de même de diminuer de près de 10% le nombre de détenus condamnés à une peine définitive (40.000 personnes sur 60.000 détenus en France). Mais elle a longtemps permis à certains condamnés d’éviter la prison, ce qui est totalement malsain.

C’est à dire?

Le Président ampute en général de deux mois les peines d’emprisonnement. Jusqu’en 2005, ceux qui étaient condamnés à une peine inférieure n’allaient donc pas du tout en prison. C’était rayer d’un trait de plume le travail des tribunaux.

Mais ce n’est plus le cas...

Certes. Le champ d’application a été restreint. Ne sont désormais concernés que les auteurs de délits mineurs en train d’exécuter leur peine. Vols aggravés, usage de stupéfiants... En somme, tout ce qui empoisonne la vie des gens. Il n’empêche que même les personnes condamnées à un an ou moins de prison doivent préparer leur sortie. Or, faute de moyens, les graciés sortent souvent sans aucun accompagnement et se retrouvent, qui plus est l’été, seuls dans la nature. Un contexte générateur de récidive.

Que préconisez-vous pour désengorger les prisons?

De la prévention, d’abord, mais aussi une justice plus rapide pour juger et faire appliquer les peines. Sur 5 ou 6 millions d’actes de délinquance par an, seuls 500.000 à 600.000 sont jugés. Ce n’est pas très dissuasif. Quant aux peines alternatives, c’est bien mais encore faut-il que les travaux d’intérêt général par exemple soient effectués. Pour tout cela, il faut avant tout des moyens. Or, la Chancellerie ne parle que de rationaliser les coûts. C’est très triste.

Propos recuellis par Catherine Fournier
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