Le grand oral de François Fillon

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Publié le 3 juillet 2007.

POLITIQUE - 20minutes.fr a suivi en direct le discours de politique générale du Premier ministre...


20minutes.fr a suivi en direct le discours de politique générale du Premier ministre. François Fillon sera l'invité du journal télévisé de France 2 à 20h ce mardi soir.

Roulement de tambours à l'Assemblée. La sirène retentit. Les députés attendent que le Bernard Accoyer, entouré de gardes républicains, fasse son entrée. Il laissera ensuite la place à François Fillon pour son discours de politique générale.

Dans l'hémicycle, c'est une ambiance de rentrée des classes. Les députés rentrent au compte-gouttes en s'interpellant. C'est l'affluence des grands jours. On n'avait pas vu ça depuis deux ans, avec la dernière déclaration de politique générale de Dominique de Villepin.

Roselyne Bachelot, très sobrement vêtue de noir, a fait la bise à des connaissances. «Nous sommes tous derrière le Premier ministre», a quant à lui confié à «20 Minutes» Yves Jego, le porte-parole de l'UMP.

Maxime Gremetz (PCF) y va aussi de son commentaire : «Sarkoy a déjà tout dit sur toutes les radios et dans tous les médias. S'il y avait du nouveau, ce serait important, mais ça m'étonnerait.»

C'est parti.
«Avec Nicolas Sarkozy, les Français ont pris leur destin en main.» C'est ainsi que François Fillon entame son discours, sous les huées de quelques députés.
«J'ai suffisamment connu le jeu de l'alternance pour respecter l'opposition», répond-il.

«Aucun gouvernement n'aura réussi à enrayer cette spirale lente qui nous fait chuter au 16e rang des pays de l'OCDE», précise-t-il toutefois, toujours sous quelques protestations. «Faute d'aller au bout des réformes», ajoute-t-il, comme pour enfoncer le clou.

Il aborde alors l'émergence des pays comme la Chine, qui exige de la France un sursaut qui n'a que trop tardé. Il pointe toutefois une embellie économique, due aux efforts de Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin (sifflets).

François Fillon flatte les Français, qui veulent se libérer en rompant avec les pensanteurs. «Il faut réécrire notre contrat politique, social et culture.»

Sur la réforme des insitutions,
il suscite l'ire du Parti communiste qui scande «putsch, putsch, putsch» dans les rangs de l'Assemblée.

Sur l'ouverture :
«C'est un nouvel état d'esprit, une autre façon de penser la démocratie». Rassembler la France en enjembant les clivages. Applaudissements.

François Baroin arrive en retard. L'ex-ministre ne trouve pas sa place. Qui va à la chasse...

François Fillon cite le général de Gaulle sur la fracture. «Il n'y a qu'un seul peuple, le peuple français.»

Le Premier ministre plaide pour plus de pouvoirs au Parlement et un exécutif fort. «La fixation de l'ordre du jour doit être plus partagée», lance-t-il à destination de l'opposition. Sifflets. Fillon fustige alors la gauche, peu encline à coopérer avec la majorité au sein de l'hémiclycle.

Le Premier ministre évoque tout de même le rôle important de la Commission des finances, dirigée par l'opposition.

Pendant ce temps là, un député PS fait des mots croisés...

Scrutin proportionnel, représentation au sénat de la dviersité, aucun sujet ne doit être tabou. Y compris la révision de la carte des circonscriptions électorales.

François Fillon rappelle la modification de l'article 18 de la Constitution pour permettre au Président de venir s'exprimer à l'Assemblée.

Sur le dialogue social : «
La nécessité de la concertation et de la négociation ne peut pas se substituer à la nécessité d'agir.» La représentativité des organisations syndicales devrait reposer sur le critère de leur audience parmi les salariés, indique le Premier ministre.

Sur la recherche et la fac : François Fillon défend la réforme sur l'autonomie des universités. Il annonce 5 milliards d'euros d'ici à 2012 et 3% du PIB consacrés à la recherche.

Sur l'école :
François Fillon annoce que le dispositif de soutien scolaire gratuit proposé par Xavier Darcos sera en place dans tous les collèges d'ici à 2011.

Sur la gratuité des musées : une expérimentation sera conduite à Paris et en province. Il annonce la création d'un passeport culturel pour les jeunes.

Le Premier ministre détaille les «grandeurs» de la France sur le plan international, le Darfour, la lutte contre le sida... François Fillon s'offusque que les députés crient au moment il parle d'Ingrid Betancourt et des infirmières bulgares.

Sur le Proche-Orient : "La France va prendre des initiatives pour rétablir le dialogue entre les communautés libanaises" mais aussi pour promouvoir la paix dans les territoires palestiniens et israéliens.

Sur le réchauffement climatique :
"Nous mettrons en oeuvre une euro-vignette pour les poids lourds étrangers." Le Premier ministre insiste sur la nécessité de mettre en place une fiscalité écologique.

Trois défis sur le plan diplomatique : «Je ne crois pas que le monde de demain soit plus pacifique que le monde d'hier», déclare François Fillon. Il faut «désamorcer le scénario du choc des civilisations, dissuader les Etats qui s'affranchissent des règles sur le nucléaire, et surveiller l'accès aux énergies.»

Sur l'Europe : François Fillon vend le traité simplifié, défendu par le Président lors du sommet européen des 22 et 23 juin.

Le dissipé Maxime Gremetz se fait taper sur les doigts par Bernard Accoyer...

Sur la discrimination :
Un plan respect et égalité des chances sera lancé, visant les quartiers difficiles. Nous soutiendrons les internats de réussite éducative et mettrons moins d'élèves dans les classes difficiles.

Sur l'immobilier : 500.000 nouveaux logements construits par an dont 120.000 logements sociaux. Un système de caution publique sera mis en place. Objectif de 40.000 accessions à la propriété par an.

Sur l'immigration, l'insécurité et la justice :
Pas d'innovation sur l'immigration par rapport au plan annoncé par Brice Hortefeux. Sur l'insécurité, François Fillon reprend le discours de fermeté de Nicolas Sarkozy sur le sujet: «Face à la culture de la violence, je n'ai qu'un mot d'ordre, ne rien céder.» Idem sur la justice et les peines plancher. Pas d'excuse de minorité pour les mineurs, réforme de la carte judiciaire...

Sur le chômage : L'objectif du gouvernement est simple et clair : le plein emploi. Le gouvernement vise un taux de 5% à la fin de quinquennat.

Dette :
C'est le choix du déficit et de la dette qui a plombé la France dénonce François Fillon, taclant la gauche au passage. Il propose d'en finir avec la vieille croissance, grâce à la revalorisation du travail. Son objectif : réduire la dette à 65% du montant du PIB d'ici à 2012.

François Fillon passe en vitesse sur la paquet fiscal de Sarkozy... Côté entreprises, il propose que les PME françaises se voient réserver une part des marchés publics.

Sur la TVA sociale : Soit nous taxons toujours plus l'emploi, soit nous trouvons un complément différent au financement de la solidaroité nationale. Le débat aura bien lieu.

Retraite/assurance-maladie : Nous réformerons les régimes spéciaux des retraites affirme François Fillon. Il défend par ailleurs la mise en place de franchises, fractionnées avec un plafond annuel par personne.

Fonctionnaires : Plus de clarté, plus d'efficacité, autant d'arguments qui justifient selon le Premier ministre le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Les économies retirées seront en partie affectées à l'amélioration des carrières dans la fonction publique.

François Fillon compare la République à Gavroche qui se relève sur sa barricade... C'est pas la faute à Voltaire, c'est pas la faute à Rousseau, mais c'est également la faute à Hugo...
Fillon exhume les grands auteurs et les grands hommes dans le désordre, Camus, De Gaulle...
Tonnerre d'applaudissements. C'est fini. Bernard Accoyer fait un peu la leçon aux agitateurs avant de passer la parole à Jean-François Copé.

Catherine Fournier avec Pierre Koetschet, sur place
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