POLITIQUE - Le président de la communauté urbaine de Strasbourg a lancé la carrière de Nicolas Sarkozy...
Robert Grossmann, président (UMP) de la communauté urbaine de Strasbourg, a probablement ressenti une émotion particulière lorsqu’il a accueilli Nicolas Sarkozy lundi après-midi dans la cour de l’hôtel de ville.
Livreur de fleurs
Avant de se rendre au Palais de la Musique et des Congrès pour y faire
un discours sur l’Europe, le président de la République s’est fendu d’une visite de courtoisie à la mairie de Strasbourg. «Quand je rencontre Nicolas Sarkozy, je ne peux jamais oublier les moments où nous étions très amis à Paris, raconte l’Alsacien, âgé de 66 ans.
La première rencontre entre les deux hommes date de 1974. A l’époque, Robert Grossmann, qui avait fondé dix ans plus tôt l’UJP, le parti des jeunes gaullistes, se voit confier la mission de relancer la branche jeune de l’UDR, l’ancêtre du RPR. Pour l’animer, il a besoin de nouvelles têtes capables de séduire les foules.
A la permanence du parti gaulliste, il remarque Nicolas Sarkozy, encore étudiant, qui vient livrer des fleurs. « Il travaillait pour payer ses études. C’était un débrouillard et ça m’a plu.» Rapidement, il croit déceler chez lui de nombreux talents. «C’était déjà un très bon orateur. Et j’ai surtout senti chez lui une véritable authenticité, qui tranchait avec le carriérisme affiché par certains. »
Premier discours, première télé
Premier discours, première télé : Robert Grossmann a lancé et accompagné le jeune premier dans le grand bain politique et médiatique. «Robert me connaît comme un frère», a déclaré récemment le président de la République. Une proximité qui pourrait servir pour appuyer, à Paris, certains dossiers strasbourgeois ? «Ça pourrait», sourit malicieusement le patron de la CUS.
Jonathan Barbier