EDUCATION - Nicolas Sarkozy s’est employé à déminer le terrain...
Opération déminage. Nicolas Sarkozy s'est employé à calmer les esprits concernant
la réforme sur l’autonomie des universités, en recevant tour à tour à l'Elysée l'ensemble des acteurs de ce dossier sensible. Résultat : un «texte enrichi par le dialogue» pourrait être présenté en fin de semaine, selon Patrick Gonthier, de l'Unsa-Education.
Syndicats étudiants satisfaits
«Les inquiétudes des uns ont été entendues, la volonté de changement des autres l'a été aussi», a déclaré Valérie Pécresse, qui recevra ce mercredi après-midi «l'ensemble des partenaires de la concertation».
Les syndicats étudiants, les plus virulents au départ, ont paru satisfaits de leur rencontre avec Nicolas Sarkozy, qu'ils ont trouvé «ouvert». Tous ont dit espérer des aménagements sur trois aspects du projet de loi : le statut d'autonomie, la sélection au deuxième cycle et la composition des conseils d'administration.
Sur ce dernier point, les syndicats pourraient obtenir des concessions, la réforme prévoyant de réduire le nombre de membres des
conseils d’administrations d'une soixantaine à 20. Ce chiffre pourrait être modulé en fonction de la taille des universités, a laissé entendre Valérie Pécresse. En revanche, il n'est pas sûr que les étudiants obtiennent la représentation accrue qu'ils demandent au sein des conseils. Le projet réserve trois sièges aux étudiants, soit 15%, au lieu de 14 sièges actuellement en moyenne, soit un peu moins de 25%.
L'article 18 qui instaure une
sélection à l'entrée au master, l'ancienne première année de maîtrise, pourrait être revu. La sélection existe déjà, mais elle se fait à l'entrée de la cinquième année, entre la première et la deuxième année de Master (M1 et M2). Les syndicats étudiants préféreraient que le texte soit muet sur la question.
Dernier point qui devrait être renégocié :
l'autonomie que pourront obtenir les universités dans certains domaines, comme le recrutement des professeurs ou la gestion des biens immobiliers. Pour les syndicats étudiants, cette «autonomie à la carte» va générer des inégalités. Les universités les mieux dotées en personnels et en moyens financier opteront plus facilement pour l'autonomie et des compétences élargies.
Pas de changement dans le calendrier
Aucune date n'a été confirmée quant à la présentation de la réforme en conseil des ministres,
qui a été reportée une première fois. Les amendements ne devraient toutefois pas remettre en cause le calendrier prévu. Le projet de loi sera discuté pendant la session parlementaire d'été, dit-on au cabinet de Valérie Pécresse.