La phrase incriminée, qui parlait de « policiers assassins », était tirée d'un texte écrit dans un fanzine de promotion. Le ton était celui des « battles » (joutes verbales) entre rappeurs, c'était un texte d'opinion apparu dans le contexte ultra-sécuritaire de la campagne présidentielle de 2002.
Depuis, la justice vous a relaxé deux fois...
Et le parquet a fait à chaque fois appel. C'est son droit, un procès ne leur coûte pas cher. C'est également notre droit de rappeler que ce que j'ai écrit n'est pas infondé. Nous avons produit une défense avec des témoins, un historien, un sociologue, le débat a eu lieu. Les bavures ne sont pas une lubie de ma part, ce sont les policiers eux-mêmes qui portent ainsi atteinte à leur réputation.
Comment jugez-vous cette incompréhension entre les jeunes des cités et les autorités ?
Des verrous idéologiques ont sauté depuis la plainte de 2002. Deux cents parlementaires ont mis en cause le rap après les émeutes de 2005, tout est possible comme dit l'autre. Cela participe de la volonté de faire des émeutes quelque chose qui ne soit pas politique. Or c'est le fait politique majeur des vingt dernières années. Un apartheid larvé à la française a été mis à nu.