AUTONOMIE – Ils critiquent une concertation de façade…
Une intersyndicale de l'Enseignement supérieur réunissant étudiants et personnels a dénoncé mardi le «passage en force» de la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, qui a resserré le calendrier d'élaboration de la loi sur l'autonomie des universités.
«Un texte bâclé, dangereux»
«C'est une douche froide parce qu'on s'est engagé de manière constructive dans les groupes de travail alors même qu'on avait peu d'intérêt à négocier une loi sur l'autonomie», a expliqué l
e président de l'Unef Bruno Julliard, après avoir pris connaissance de l'avant-projet de loi sur l'autonomie des universités. «Quand je vois le texte, je ne vois pas le fruit de nos discussions, c'est un texte bâclé, dangereux.»
«On est profondément déçus par ce texte parce qu'on se rend compte que les trois semaines de concertation n'ont servi à rien», remarque Thiébaut Weber, président de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes). «Certains consensus qui ont pu avoir lieu dans les groupes de travail ne se retrouvent pas dans le projet de loi», note-t-il, citant le contrôle du budget des universités.
«Le réengagement de l'Etat dans la politique universitaire»
Seule la Confédération étudiante (Cé) s'est félicitée de ce que l'avant-projet de loi assigne pour mission à l'université l'insertion professionnelle des étudiants.
La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, estime que «ce texte marque le réengagement de l'Etat dans la politique universitaire.» «Nous avons inclus beaucoup d'éléments de la concertation: le maximum du contenu de la réforme s'applique à toutes les universités tout de suite et en même temps.»
P. K. (avec AFP)
Principales mesure de l’avant-projet:
- Seules les universités volontaires accèderont à l'autonomie budgétaire
- Les universités pourront, si elles le souhaitent, instaurer une sélection dès la quatrième année, et non plus la cinquième.