OGM – Ce maïs transgénique est suspendu en Allemagne…
Suspendu en Allemagne, mais autorisé en France. Le maïs transgénique MON810 de
Monsanto, dont l'utilisation est prohibée outre-Rhin, continuera d'être cultivé en France et d'y être vendu pour l'alimentation animale.
C’est ce qu’ont décidé jeudi les ministres de l'Ecologie Alain Juppé et de l'Agriculture Christine Lagarde suite à un nouvel avis de la
Commission du Génie Biomoléculaire (CGB). Celle-ci «relève qu'il n'y a pas à ce jour d'éléments de nature à remettre en cause l'évaluation environnementale de ce maïs», c'est-à-dire qu'il est jugé inoffensif pour les animaux et les autres cultures.
30.000 hectares en France
Le maïs en question, qui vise à protéger les cultures de la pyrale du maïs, une sorte de papillon dont les larves se nourrissent de l'intérieur des tiges de la plante, est autorisé depuis près de dix ans (depuis 1998) dans l'Union européenne. La CGB avait déjà examiné le dossier en avril 1996 et exprimé alors un avis favorable. Un nouvel avis lui a été demandé le 24 mai, après la décision des autorités allemandes de suspendre leurs importations de ce maïs OGM. En France, environ 30.000 hectares de cette variété sont cultivés, selon les déclarations de semenciers recoupées par les ONG.
Alain Juppé et Christine Lagarde ont assuré qu'ils feront preuve d'une «grande vigilance sur la manière dont sont conduites en France les cultures d'organismes génétiquement modifiés». Le 25 mai, le ministre de l’Ecologie avait indiqué
qu'il pourrait décréter un moratoire sur le MON810 suite à la décision de l’Allemagne. Christine Lagarde avait nuancé ces propos peu après en estimant qu'il ne fallait «pas se précipiter. Il faut se donner le temps de la réflexion».
«Lobbies de l'agriculture intensive»
La possibilité d'un moratoire avait déclenché la colère des producteurs de maïs. «C'est une affaire politique, on n'est plus dans la rationalité. La rationalité devrait au contraire permettre d'accélérer le mouvement en faveur des OGM car l'Europe va perdre sa compétitivité vis-à-vis des Etats-Unis», avait déclaré Christophe Terrain, président de l'Assemblée générale des producteurs de maïs (AGPM).
Greenpeace, qui avait pour sa part affirmé attendre «une décision qui fera figure de premier test de l'engagement écologiste du gouvernement», a dénoncé «les lobbies de l'agriculture intensive» qui ont selon lui «plus de poids que la protection de l'environnement».
Avec AFP