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Besancenot dans le collimateur de Taser

Un policier présente le Taser X 26, pistolet à impulsions électriques, le 20 septembre 2005 à Paris
Un policier présente le Taser X 26, pistolet à impulsions électriques, le 20 septembre 2005 à Paris/Jack Guez AFP/Archives

JUSTICE – La société menace de porter plainte pour diffamation contre lui...

Olivier Besancenot dans le viseur de la société Taser France. Celle-ci est le constructeur de la célèbre arme qui provoque une interruption neuro-musculaire et permet à la police d’immobiliser un suspect sur la voie publique via un flash électrique. SMP Technologies, distributeur du pistolet paralysant, a envoyé il y a quelques jours un huissier de justice au candidat de la LCR à Lens pour l’enjoindre «de donner la liste des quelque 200 morts liés à l’usage de l’arme». «Ce qu’il avait, à plusieurs reprises, évoqué dans ses déclarations publiques, mais qu’il n’a pas pu faire», note Taser qui juge ces allégations «diffamatoires» et souhaite en découdre devant le Tribunal de Grande Instance.

«Je n’ai fait que reprendre les conclusions d’un rapport d’Amnesty International», se défend Olivier Besancenot, contacté par 20minutes.fr, qui parle de l’attaque en justice comme de «l’arme des forts face aux faibles pour leur faire cracher du pognon».

Trente cas vraiment suspects selon Amnesty

«Nous avons en effet recensé 265 morts suite à l’utilisation du Taser depuis 2001 aux Etats-Unis et au Canada», explique Benoît Muracciole, responsable de la commission armes à Amnesty International France. «Mais on n’affirme pas que ces personnes sont décédées directement à cause du Taser, tempère-t-il. Certains ont pu mourir d’overdose par exemple après avoir consommé trop de drogue. Les médecins légistes ont reconnu un lien de cause à effet entre l’arme paralysante et la mort uniquement dans trente cas». Trente cas où l’effet de l’arme a pu amplifier tragiquement une faiblesse cardiaque préalable.

«Dans le meilleur des cas, il y a des doutes»

Une subtilité dont Olivier Besancenot ne tient pas compte. «Dans le meilleur des cas, il y a des doutes, dans le pire, le Taser peut tuer», affirme celui qui souhaite un moratoire sur son utilisation, comme Amnesty. «Il serait logique qu’ils attaquent également l’association internationale», souligne-t-il.

«Plusieurs commissions indépendantes ont démontré que le Taser est inoffensif», répond Antoine Di Zazzo, directeur général de Taser France, qui avoue aisément que l’arme «n’est pas fait pour guérir mais permet de sauver des vies». Et de rappeler que celui utilisé en France, le X26, est moins puissant que son modèle d’outre-atlantique, le M26. Pourquoi ne pas, dans ce cas, poursuivre Amnesty International? «On n’attaque pas une organisation qui a reçu le prix Nobel de la paix».
Alexandre Sulzer
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