REFORME - Des ouvriers parisiens réagissent après l’annonce du nouveau dispositif sur les heures supplémentaires …
Beaucoup de travaux et peu de main d’œuvre. La réforme sur les heures supplémentaires va-t-elle donner un nouveau souffle à la construction ?
Une marge de manœuvre réduite
Dans la capitale, il y a quasiment un chantier tous les dix mètres. Ravalement de façades, travaux de canalisation, réfection de toitures… C’est l’effervescence. Et ça n’est que la partie émergée de l’iceberg: beaucoup de travaux n’ont pas pu démarrer faute de main d’œuvre. Le
dispositif sur les heures supplémentaires va-t-il motiver les ouvriers à travailler plus? Probablement pas. Les salariés du bâtiment dépassent déjà le temps de travail réglementaire.
Martial, couvreur, explique: «Mon patron est resté aux 39 heures, du coup, ça fait automatiquement quatre heures supplémentaires par semaine.» Laurent, employé dans une entreprise générale de bâtiment, estime quant à lui qu’il travaille en moyenne 45 heures par semaine. Et ce ne sont pas des cas isolés. David, patron d’une entreprise de plomberie et de chauffage, confirme. En fonction des chantiers et de leurs délais de livraison, il demande à ses ouvriers de travailler plus, «environ de cinq à six heures par semaine». Même pragmatisme pour Sergio, salarié chez un sous-traitant de France Télécom: «On travaille sur la voie publique. Quand on a creusé un trou, il faut bien le refermer!» Dans ces conditions, peu d’ouvriers semblent disposés à réaliser plus d’heures supplémentaires. La perspective d’être mieux payé les motive peu.
Manque d’information
La plupart ne sont pas convaincus que le nouveau dispositif augmentera réellement leur pouvoir d’achat. Majoration de l’heure supplémentaire à 25%, exonération de l’impôt sur le revenu et des charges sociales… Peu de salariés du bâtiment savent comment l’application de ce dispositif se reflétera sur leur feuille de paie. Pour Hervé, un autre couvreur, «c’est quand même une bonne nouvelle. Ça va nous faire un petit bonus». Les ouvriers attendent donc le 1er d’octobre (date de mise en place de la réforme) et leur avis d’imposition pour donner un avis définitif sur cette mesure.
Marine Aubonnet