FAIT DIVERS – Il venait d'ordonner le placement de son enfant…
Un magistrat a été poignardé alors qu'il présidait une audience mardi dans son bureau au tribunal de grande instance (TGI) de Metz. C'est la mère d'un enfant dont il venait de décider le placement en foyer qui lui a donné trois coups de couteau au ventre.
«Entre la vie et la mort»
Le magistrat, la soixantaine, vice-président du TGI, chargé du tribunal pour enfants a été évacué par le Samu à l'hôpital Bon-Secours de Metz, a indiqué un médecin du Centre d'appels d'urgence. Son état jugé sérieux. Il est en cours d'opération.
L'agresseur, une mère âgée de 36 ans, s'est servie d'un couteau dont la lame mesure une vingtaine de centimètres. Elle n'aurait touché aucun organe vital, mais la victime serait «entre la vie et la mort», selon Guerric Hénon, conseiller à la cour d'appel de Metz et délégué régional de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
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La victime venait de prolonger le placement de l'enfant de cette mère chez ses grands-parents paternels en raison, semble-t-il, de «carences éducatives» constatées chez les parents.
Une arme dans un tribunal
Une manifestation aura lieu à 14h sur les marches du palais de justice de Metz pour «dénoncer les conditions de sécurité inadmissibles dans lesquelles travaillent les magistrats», a indiqué Guerric Hénon.
«Un justiciable a pu introduire une arme non seulement dans l'enceinte du tribunal mais dans le cabinet d'un juge», a observé le délégué de l'USM. Selon lui, ces «conditions de sécurité déplorables» ne seraient pas propres au tribunal de Metz.
Un acte loin d'être isolé
L'Union syndicale des magistrats a elle, fait part de sa «consternation et sa révolte» après cet acte d'une «violence extrême». Elle rappelle que celui-ci n'est pas isolé: le 31 mai, une juge des enfants du Tribunal de Montargis, était «molestée et insultée dans son bureau». En septembre 2005, une greffière du TGI de Rouen avait été «brûlée vive dans son bureau».
L'USM demande «un plan d'urgence de sécurisation des juridictions».
Les ministres réagissent
Rachida Dati, la ministre de la Justice, a annoncé qu'elle se rendait à Metz dans l'après-midi. Elle rencontrera l'ensemble du personnel du tribunal. La garde des sceaux a déjà demandé « un état des lieux immédiat sur la sécurité du tribunal de grande instance à Metz ». La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a de son côté fait part de son «émotion» avant de rappeler que «la sûreté des juridictions est une priorité qui doit faire l’objet de réponses pragmatiques».