Erika: peine maximale requise contre Total

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Publié le 4 juin 2007.

PROCES - Après trois mois de procès, les procureurs ont prononcé leurs réquisitions...

Après trois mois de procès, les procureurs du procès de l'Erika ont réclamé lundi à Paris des peines maximales à l'encontre de Total, du propriétaire et du gestionnaire du pétrolier, dont le naufrage a provoqué une immense marée noire en décembre 1999 sur les côtes françaises.

375.000 euros d'amende

A l'encontre de Total SA, propriétaire de la cargaison, le parquet a demandé l'amende maximale de 375.000 euros pour «pollution». En revanche, la relaxe a été requise pour Bertrand Thouillin, la seule personne physique du géant pétrolier poursuivie.

Un an de prison, avec une possibilité de sursis, et l'amende maximale de 75.000 euros ont été requis contre Giuseppe Savarese, propriétaire de l'Erika, ainsi qu'à l'encontre du gestionnaire Antonio Pollara, pour avoir été «par imprudence et négligence» à l'origine d'une «pollution» et pour «mise en danger de la vie d'autrui».

A l'encontre de la société de classification italienne Rina, chargée notamment d'inspecter les travaux effectués sur le bateau, le procureur Laurent Michel a réclamé les 375.000 euros d'amende maximum pour «pollution».

Contre le capitaine indien, Karun Mathur, enfin, grand absent de ce procès, le procureur a demandé une amende de 10.000 euros.


Relaxe pour les membres des secours

En revanche, la relaxe a été requise en faveur des quatre membres des secours poursuivis pour abstention volontaire de combattre un sinistre.

La procureure Marjorie Obadia a également demandé la relaxe du chef de complicité de Bertrand Thouillin, directeur des affaires juridiques du service trading/shiping de Total. Les réquisitions contre les 15 prévenus ont duré plusieurs heures.

Pour les secours, la procureure a notamment mis en avant le manque de moyens du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) d'Etel et du Centre opérationnel de la marine (COM) de Brest «avec les difficultés techniques, les moyens plus ou moins performants et anciens», ou encore l'anglais mal parlé par le personnel.

«D'autres évènements urgents»

La procureure a aussi rappelé que par ce samedi de tempête, les secours étaient déjà très pris par «d'autres événements urgents» comme le sauvetage de voiliers à la dérive dans le golfe du Morbihan, et les difficultés d'un vraquier risquant de s'échouer. Elle a aussi souligné que c'était le capitaine indien lui même qui avait annulé un premier appel de détresse et que, «en matière de sauvetage, le principe est la foi dans les paroles du capitaine».

Eric Geay et Michel de Monval, officiers du COM de Brest, Jean-Loup Velut, chef de division de l'Action de l'Etat en mer, et Jean-Luc Lejeune, coordinateur de mission de sauvetage au CROSS d'Etel, sont poursuivis pour abstention volontaire de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour les personnes. Bertrand Thouillin est également poursuivi pour pollution par imprudence et négligence.
Avec AFP
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