Polémique autour des intérêts d'emprunts immobiliers

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Publié le 30 mai 2007.

POLITIQUE - La gauche s'oppose à la réduction fiscale, le FN s'en réjouit, les consommateurs sont sceptiques...

Cafouillage ou pas cafouillage ? Le ministre du Budget Eric Woerth, recadré par Nicolas Sarkozy sur la question des intérêts d'emprunts immobiliers, a affirmé mercredi, à l’issue du conseil des ministres, que «les choses sont très, très claires». Le cadeau fiscal devrait donc s’appliquer à tous les emprunts en cours et non plus seulement à ceux contractés après le 6 mai, date de l’élection de Nicolas Sarkozy.

Une clarté que ne semble pas voir le socialiste François Hollande qui a souligné «la confusion» du gouvernement. «On n’y comprend plus rien», a-t-il lancé sur Europe 1 avant de réclamer «une clarification» avant les élections législatives.

La gauche pas contente…


Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a qualifié, lui, l’annonce présidentielle de «démagogie la plus totale, qui coûte très cher aux Français». «Chaque fois que le gouvernement, alors que la France est très endettée, aligne des promesses avec des milliards à la clé, il appauvrit les Français».

Un avis partagé par le PCF, qui estime mercredi la déductibilité fiscale des intérêts d'emprunt immobilier se ferait au détriment du logement social. De son côté, la LCR accuse le président de la République de se comporter «en auxiliaire des agences immobilières».

Selon le Vert Noël Mamère, «il est plus important de loger les Français que de servir les propriétaires». Observant sur France 2 que «plusieurs millions de Français n'ont pas de logement», il a rappelé que Nicolas Sarkozy avait été le maire de Neuilly, une ville «dans laquelle il n'y avait que 3,5% de logement social».

Le FN si

Seul politique hors UMP à être venu à la rescousse du gouvernement, Jean-Marie Le Pen qui a approuvé mercredi à Lille la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers. «Toutes les mesures qui consistent à alléger les pressions fiscales sont favorables au développement de l'activité économique et de la richesse nationale», a-t-il déclaré.

Mais pas les consommateurs


Côté consommateurs, l’enthousiasme n’est pas débordant. La Confédération Nationale du Logement (CNL) pointe du doigt une «mesure coûteuse, qui ne répond pas aux problèmes des plus modestes». «C’est scandaleux que la première mesure du gouvernement ne soit ni pour le droit au logement opposable, ni pour le logement social, ni pour l’augmentation des aides personnelles au logement ou pour tout autre élément qui puisse répondre concrètement à la crise du logement» explique Jean-Pierre Giacomo, son président. Et de craindre pour les primo accédants «une probable flambée des prix» de l’immobilier.

Si Consommation, Logement et Cadre de Vie (CLCV) estime que la mesure «est une très bonne chose pour faciliter l’accession», elle regrette qu’elle soit «floue». «Concernera-t-elle tous les accédants ou uniquement les primo-accedants ? Un crédit d’impôt est-il prévu pour les personnes non-imposables ? Comment se passera la déduction d’impôt lorsque le logement a été acheté en indivision par des personnes vivant en concubinage ?» se demande le syndicat de consommateurs qui remarque qu’on «ne sait, non plus, durant combien de temps cette déduction pourra s’appliquer, ni si elle sera ou non plafonnée».
A.S
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