FAIT DIVERS – Elles se sont concertées avant de se défenêtrer chez leurs parents respectifs…
Le pronostic vital des deux camarades de classe âgées de 14 et 15 ans qui se sont défenestrées jeudi soir à Ajaccio «n'est plus engagé» mais elles demeurent grièvement blessées, selon un haut responsable de la police.
«Elles sont toujours au service de réanimation de l'hôpital d'Ajaccio, les médecins ne nous donnent pour l'instant aucune information sur leur état de santé», avait expliqué à 7h30 le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel. Les deux adolescentes avaient été hospitalisée jeudi soir «dans un état critique», selon le magistrat.
Contacté par 20minutes.fr, le collège
Laetitia-Bonaparte a indiqué qu'une réunion de crise, à laquelle participent le principal, le recteur et l'inspecteur d'académie, se tient vendredi matin dans les murs de l'établissement. Les 700 élèves ont été accueillis le matin pour «y être entourés psychologiquement», une priorité selon le collège. «Tout le personnel est sur le pont», a-t-on encore précisé.
La première victime, une jeune fille de 14 ans, avait sauté vers 19h30 du 3e étage d'un appartement en plein
cours Napoléon, l'artère principale du centre ville, la seconde, âgée de 15 ans, l'avait imitée quelques minutes plus tard du 2e étage d'un immeuble d'un quartier périphérique.
Eviter la contagion
De très nombreux policiers de la Sécurité publique avaient dans la soirée établi une liste de tous les camarades de classe des deux jeunes filles et contacté les parents «pour éviter une contagion si jamais il s'agissait d'un jeu de défis morbides tels que l'on peut en trouver dans tout le pays sur internet, dans les blogs de collégiens ou lycéens», avait annoncé José Thorel, qui a ouvert une enquête préliminaire pour «incitation au suicide» après cette «double tentative concertée».
Les enquêteurs ont retrouvé dans les sacs des deux adolescentes des petits mots dans lesquels elles se mettaient au défi de se jeter par la fenêtre et elles avaient échangé, juste avant le premier drame, un coup de téléphone au cours duquel l'une a dit à l'autre: «Tu sautes, je saute».
Elargir les recherches
Elles sont de très proches amies scolarisées dans la même classe du collège Laetitia-Bonaparte d'Ajaccio, qui doit accueillir ce vendredi matin une cellule d'aide psychologique pour les élèves.
Mais les policiers ont élargi dès jeudi soir leurs recherches au collège Saint-Paul d'Ajaccio, les mots retrouvés dans leurs premières investigations comportant des noms d'élèves de cet établissement.