Les déclarations de Fillon provoquent colère au PS et scepticisme chez les syndicats
Créé le 23.05.07 à 15h44
Mis à jour le 23.05.07 à 15h47
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POLITIQUE - LO dénonce «un problème de méthode», la CFDT et la CGT craignent que l'objectif de négociations soit fixé d'avance...
Les nombreuses
déclarations de François Fillon mercredi ont suscité de nombreuses réactions. Au PS tout d’abord où François Rebsamen, numéro 2, a vigoureusement protesté contre des propos «insultants et inadmissibles» au sujet de François Hollande alors que le Premier ministre avait qualifié le premier secrétaire de «pathétique» et raillé ses «pitreries». «Ces propos n'honorent pas leur auteur et traduisent en réalité une conception arrogante et méprisante du pouvoir rarement rencontrée sous la Vè République. Monsieur Fillon doit apprendre à respecter dans ses paroles et dans ses actes le chef du principal parti de l'opposition et à travers lui les millions de Français qui se reconnaissent dans le parti socialiste», s’est énervé François Rebsamen qui a souhaité que de «tels faits» ne se reproduisent pas.
Pour FO, «un problème de méthode»
Les principales centrales syndicales se sont elles aussi montrées sceptiques. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly a ainsi jugé qu'il y avait «un problème de méthode» chez le Premier ministre qui fixe un calendrier de réformes avant que Nicolas Sarkozy ne rencontre les syndicats. «François Fillon aurait été plus sage d'attendre, il sera présent aux réunions entre le Président et les syndicats, il suffisait d'attendre le tour de piste de tout le monde», a-t-il relevé, ajoutant qu'il «faudrait que Nicolas Sarkozy et François Fillon calent leur calendrier entre eux». «Les rythmes sociaux ne sont pas les mêmes que les rythmes politiques, surtout quand il y a des élections», a-t-il ajouté, appelant le Premier ministre à «laisser le temps à la négociation».
Sur le service minimum notamment, FO «est contre, nous demandons des négociations entreprise par entreprise sur la prévention des conflits, et j'avais cru comprendre que cela ne posait pas de problème à Nicolas Sarkozy», a déclaré Jean-Claude Mailly qui avait
rencontré le Président le 15 mai. «L'urgence était alors les heures supplémentaires. J'aimerais savoir s'il y a un changement de position», a-t-il ajouté, voulant savoir si le gouvernement désirait «interdire la grève».
Sur le contrat de travail, il a demandé que le gouvernement «laisse négocier» les partenaires sociaux car cela «fait partie des thèmes de discussion entre les syndicats et le patronat».
Pour la CGT et la CFDT, un objectif fixé d’avance
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé, lui, que les déclarations du chef du gouvernement «ne peuvent pas être une base de travail pour la prochaine rencontre» que la CGT aura mardi avec le Nicolas Sarkozy. Si le gouvernement «décide de l'objectif et qu'on nous demande de discuter uniquement des modalités, l'exercice risque d'être écourté». Les déclarations du Premier Fillon peuvent laisser penser que «la prochaine rencontre serait d'avantage au service d'une communication gouvernementale avant les législatives, plutôt qu'une véritable volonté de dialogue dans l'esprit où le président de la République l'a exprimée» lors d'une première réunion avec les syndicats, a insisté le dirigeant de la CGT.
Sur la même longueur d’ondes, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a lancé : «si on vient pour qu'on nous dise : voilà comment faire, ce n'est pas un débat, et si le calendrier nous est imposé, il n'y a pas de discussions».
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