TROIS QUESTIONS A – Martine Labrousse, directrice de la Voix de l’enfant, au sujet de la disparition de Maddie…
Trois questions à Martine Labrousse, directrice de la Voix de l’enfant, au sujet de la disparition de la petite Maddie au Portugal.
L’enquête sur la disparition de la fillette britannique au Portugal s’oriente vers un enlèvement par un réseau international de pédophiles ou d'adoption. Qu’en pensez-vous?
Cela me surprend. Je ne vois pas ce que des trafiquants d’enfants iraient faire dans un pays d’Europe alors qu’il est malheureusement beaucoup plus facile d’enlever un enfant dans certains pays où il n’y a pas d’inscription à l’état civil, pas de scolarisation. En Europe, la législation en la matière est beaucoup plus stricte.
Des témoins disent pourtant avoir vu deux hommes et une femme d’«apparence anglaise» en train de photographier des enfants à proximité du lieu de l’enlèvement...
Peut-être mais cela ne prouve rien. Encore une fois, cela m’étonnerait que des trafiquants aient été jusqu’au Portugal pour enlever un enfant qui était là en vacances par hasard. Les trafiquants n’agissent jamais au hasard. Il ne faut pas cette piste fasse négliger l’enquête de voisinage, qui s’avère souvent plus fructueuse.
L’existence de réseaux de pédophilie ou d’adoption relève-t-elle du fantasme ?
En France, cela fait en tout cas dix ou quinze ans qu’il n’y a pas eu d’affaires prouvant l’existence de tels réseaux œuvrant en Europe, que ce soit sur le terrain ou sur l’Internet. Les dernières affaires de disparition en date, comme
Madison ou
Mathias, étaient souvent le fait d’un individu proche de l’environnement de l’enfant. C’est pourquoi il ne faut pas monter en épingle une seule piste. Retrouver l’enfant reste la priorité.
Propos recueillis par Catherine Fournier