REPORTAGE — Bilan mitigé pour l’assemblée générale de l’université de Nanterre…
L’assemblée générale qui s’est tenue jeudi après-midi à l’université de Nanterre Paris X n’a pas voté de blocage des cours, contrairement aux étudiants de
Tolbiac la veille. Et pour cause: aucun blocage n’a été envisagé.
Plus de 350 personnes sont venues assister à l’AG dans l’amphi D1 destinée à «discuter, débattre et s’organiser» au vu des résultats de l’élection du 6 mai. Au bout de trois heures, «rien n’a vraiment été décidé, sauf peut-être une hypothétique reconduction des AG» nous informe Mathieu, étudiant.
Si l’AG était organisée par les syndicats et organisations étudiantes d’extrême gauche, l’audience était elle très divisée. Le but des organisateurs était de «rassembler un maximum d’étudiants» pour débattre et surtout dénoncer les réformes prévues dans le programme du président élu. Pour Pauline, il s’agit de «se mettre en ordre de bataille, créer une dynamique étudiante qui incite les salariés à rendre visible la contestation sociale». Plusieurs espéraient mettre en place une manifestation pour la semaine prochaine.
«Laissez les étudiants étudier»
Mais Nanterre n’étant pas Tolbiac «la rouge», plus de 150 étudiants en droit sont intervenus pour défendre l’élection de Nicolas Sarkozy. Déboule à la tribune Alexandra, blonde comme les blés, taille mannequin, qui vient déclamer solennellement que «voter à gauche ne permet pas de remettre en cause l’élection incontestable et démocratique de Monsieur Sarkozy».
«Si vous voulez contester le vote, concentrez-vous sur les législatives. Laissez les étudiants étudier», ajoute en écho Thomas. Socialiste déçu du résultat du 6 mai, il dénonce lui aussi les velléités de manifestations précoces et de blocage.
«Trop tôt et inutile»
Augustin, membre de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), qui avait mercredi condamné le blocage à Tolbiac, explique la position de son syndicat. «L’Unef est contre toutes formes de blocage. Les groupuscules extrémistes de gauche qui ont bloqué Tolbiac ont besoin de gens comme Nicolas Sarkozy pour exister. Ces mouvements détruisent nos efforts de sensibilisation à la cause étudiante. C’est trop tôt et inutile». L’Unef ne prendra aucune mesure avant que Nicolas Sarkozy mettent en place ses réformes.
Le mouvement de contestation suite à l’élection de Nicolas Sarkozy s’essouffle. A Tolbiac, une nouvelle AG a voté jeudi midi la levée du blocage de l’université. Ce nouveau vote a été salué par l’Unef et la Fage, autre grande organisation étudiante. Elle estime que ma méthode du blocage est inappropriée «et empêche la mise en place d'un cadre de négociation sain et républicain».
C. Fil.