JUSTICE - Ils avaient lancé des pavés sur les forces de l'ordre dimanche...
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mercredi soir deux manifestants qui se trouvaient place de la Bastille dimanche soir, quelques heures après l'élection de Nicolas Sarkozy, à quatre mois de prison ferme, pour avoir lancé des pavés sur les forces de l'ordre. Un troisième prévenu, poursuivi pour les mêmes faits, a été remis en liberté et a vu son procès renvoyé au 20 juin pour que le policier l'accusant de jets de projectiles puisse être présent à l'audience.
Au total, 12 comparutions, liées aux interpellations de dimanche soir et pour le même type de faits, devaient avoir lieu mercredi mais certains procès ont été renvoyés. Concernant les deux condamnés, la représentante du parquet, Christine Teixido, avait requis six mois d'emprisonnement ferme pour chacun, dénonçant des faits "extrêmement graves".
Le premier des condamnés est un hommme d'une vingtaine d'années, titulaire d'une maîtrise de droit et d'un diplôme d'école de journalisme. Il a été interpellé dans la nuit de dimanche à lundi, avec un pavé dans la main. Au cours du procès, il a nié avoir lancé quoi que ce soit sur les forces de l'ordre.
Le deuxième prévenu, un artiste de rue âgé de 27 ans, a reconnu avoir lancé des pavés sur les policiers mais a fait amende honorable devant la 23e chambre du tribunal, présidée par René Grouman. "J'ai commis une erreur impardonnable. J'ai été comme un mouton, c'était vraiment stupide. Je me suis aperçu en garde à vue que ce que j'ai fait ne servait à rien", a-t-il notamment déclaré.
D'autres comparutions sont prévues jeudi, a-t-on précisé de source judiciaire.
Concernant
les incidents survenus lundi soir à la Bastille, sept ou huit des seize personnes placées en garde à vue doivent être déférées mercredi au palais de justice de Paris. Cinq ont vu leur garde à vue prolongée, a indiqué le parquet. Trois personnes seront convoquées ultérieurement et une autre a bénéficié d'un classement sans suite.