Incendies et incidents. De nouvelles manifestions anti-Sarkozy se sont déroulées lundi soir à Paris et un peu partout en France, à Lille, Strasbourg, Toulouse, Lyon, Nantes ou Rennes. Hier, des rassemblements de plusieurs centaines de personnes ont eu lieu à Caen ou Lyon, dans le calme. La situation a dégénéré lundi soir dans la capitale, à la Bastille. Des heurts ont opposé CRS et manifestants. Un policier a été blessé, dix véhicules brûlés, deux magasins pillés. Hier matin, vingt personnes soupçonnées d'avoir participé aux incidents étaient en garde à vue.
Dans la nuit de dimanche, après le second tour de la présidentielle, 730 voitures ont été incendiées, selon la police. Et dans la nuit de lundi à mardi, 365 véhicules ont brûlé, de même source. A Toulouse, deux écoles et un immeuble HLM ont été menacés d'incendie, entraînant l'hospitalisation de trois personnes intoxiquées. Les préfectures distinguaient hier d'une part des événements provoqués dans les centres-villes par des mouvements anarchistes, et d'autre part des violences urbaines dans les quartiers. Des étudiants semblent aussi être spontanément descendus dans la rue pour manifester leur hostilité au nouveau président de la République.
Dès lundi, François Hollande avait lancé un appel à la responsabilité et au calme. « Il peut y avoir de la déception, de la colère, de la frustration, mais le seul moyen de réagir, c'est de prendre des bulletins de vote », déclarait le premier secrétaire du PS. Il a été rejoint hier par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le Parti communiste et de nombreux élus locaux.