Il est 20 h 40, hier soir.
Le nouveau président de la République vient de terminer son discours devant 3 000 partisans réunis Salle Gaveau. Le public l'acclame. Pour une fois, Nicolas Sarkozy prend le temps d'en profiter. La salle entame spontanément une Marseillaise. Le Président ne chante pas. Cette Marseillaise-là, elle n'est
que pour lui. Alors, il en profite.
Les supporteurs du candidat de l'UMP n'ont pas attendu ce résultat tant espéré dans l'angoisse. Il est à peine 18 h que la salle Gaveau résonne déjà de « On a gagné », sur la foi des premières estimations qui se sont répandues comme une traînée de poudre. D'autant qu'un SMS
de l'UMP arrive également sur les portables : « Rendez-vous à 20 h place de la Concorde. »
Thierry Mariani, député UMP, est un des premiers politiques à arriver sur place. « Pour être franc, je ne suis pas très inquiet », lâche-t-il dans un sourire. « Ségolène à Poitiers, Nicolas à l'Elysée », entonne les militants. « C'est dur de ne pas montrer notre soulagement », explique un membre du staff de Nicolas Sarkozy.
Pendant ce temps, la foule ne cesse de grandir devant la Salle Gaveau et ils sont rapidement près de 6 000 à
agiter des ballons bleus. « Y sont mal la gauche, y vont faire la gueule », s'inquiète faussement un jeune de l'association Bleu-blanc-rouge d'Argenteuil. L'échéance approche et la garde rapprochée du nouveau président arrive à son tour. « C'est
un vote d'approbation au projet de Nicolas Sarkozy, analyse son conseiller Patrick Devedjian. Le "Tout sauf Sarkozy" s'est transformé en "Tout sauf Ségolène". »
Il est 20 h. Le résultat est confirmé. Nicolas Sarkozy est président de la République. La salle hurle, scande et chante jusqu'à ce que le vainqueur vienne
sur scène prononcer son
discours. Les mêmes mots, les mêmes thèmes qu'à son habitude. « Oui, mais aujourd'hui, c'est encore meilleur », assure une militante.