Peu importe l'ampleur
de la défaite, les couteaux
devraient être de sortie dès aujourd'hui rue de Solférino. Depuis un an, Ségolène Royal a tellement bousculé et attaqué les éléphants socialistes qu'il est difficile d'imaginer que ceux-ci ne cherchent pas à se venger
et à reprendre rapidement la main.
Reste qu'après une telle campagne, la candidate a placé le PS au pied du mur. Les alliés traditionnels, communistes et écologistes, sont sortis exsangues du premier tour : il faut donc, pour les socialistes, trouver de nouveaux partenaires. En discutant avec François Bayrou et l'UDF, Ségolène Royal a commencé à tourner la page de l'union de la gauche décidée à Epinay
en 1971, pour envoyer le
PS sur le chemin social-démocrate emprunté par tous
ses confrères européens. Mais après sa défaite, hier, rien n'est joué. La gauche du parti, avec Henri Emmanuelli, s'est déjà rebiffée. Toutefois, rien ne dit qu'elle prendra le pouvoir.
Car la bataille pour mener la campagne des législatives en juin a déjà commencé. Le champion des sociaux-démocrates du PS, Dominique Strauss-Kahn, se voit déjà prendre les rênes de la renovation. Les proches de Royal croient en leur candidate. Quant à François Hollande, il a derechef annoncé vendredi qu'il conduirait la campagne de juin, avant d'évoquer la possibilité d'« assises » ou de « refondation » avec « tous les progressistes ». Le premier secrétaire - en poste depuis dix ans - est menacé, et en interne, on évoque le temps des alliances. « Fabius et DSK pourraient s'entendre pour prendre le parti dans un congrès d'après-présidentielle », confie un cadre. Après la gazelle Royal, ce serait alors le mariage de la carpe et du lapin.