ou à un duel aussi stérile que celui qui avait opposé Jacques Chirac à Lionel Jospin en 1995 ? Réponse ce soir, au terme de deux heures d'échanges entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
Sept thèmes retenus
Après l'introduction qui sera faite par les journalistes Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal parleront de «la France, la République et les institutions», a précisé François Rebsamen, directeur de campagne de Ségolène Royal, après avoir reçu confirmation écrite du directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, sur les modalités d'organisation du débat. Viendront ensuite les questions économiques et sociales, puis le triptyque éducation-recherche-environnement. Seront abordées dans la foulée «les familles», l'écologie et le développement durable et l'Europe. Les questions internationales seront le dernier thème abordé. Chacun candidat disposera de trois minutes à la fin pour convaincre.
Sarkozy favori
Des deux finalistes, c'est le candidat de l'UMP qui aborde le duel dans la position la plus confortable. « Nicolas est en tête dans les sondages, son avance est telle qu'il faudrait qu'il perde largement ce débat pour être rejoint. C'est donc à Ségolène Royal de prendre des risques », analyse un membre de son équipe. Autre atout dans la manche du favori, son éloquence, jugée très supérieure à celle de sa rivale. Mais puisqu'il est donné gagnant, Sarkozy est aussi celui qui a le plus à perdre. «Il devrait gérer, mais ce n'est pas dans son caractère d'être attentiste», redoute ce proche.
Dérapage?Ségolène Royal, de son côté, ne pourra pas tout miser sur un dérapage de son adversaire. A quatre jours du scrutin, elle devra convaincre les électeurs de François Bayrou hésitants que sa personnalité et son projet méritent leurs voix. «Pour l'instant, ces indécis se caractérisent par l'inquiétude que leur inspire Nicolas Sarkozy, à cause de ses positions sur l'immigration et l'intégration», explique Vincent Tiberj, chercheur à Sciences-Po. Ces personnes représentent 1 % du corps électoral, calcule le politologue. « Assez pour faire basculer l'élection. »
Reste que dans l'histoire de ces duels, seul le cru 1974 a déterminé le résultat. Valéry Giscard d'Estaing y avait asséné cette phrase assassine à François Mitterrand : «Vous n'avez pas le monopole du coeur.» Pour l'emporter, Ségolène Royal ne devra pas être moins incisive.
Stéphane Colineau