Sept thèmes retenus pour le débat

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Publié le 2 mai 2007.

Les vingt millions de Français installés devant leur télévision vont-ils assister au « débat le plus important depuis 1981 », comme l'affirme François Hollande,

Nicolas Sarkozy parlera le premier mercredi soir. C'est ce qu'a décidé le hasard du tirage au sort qui a eu lieu mercredi à la mi-journée au CSA. Ségolène Royal aura, elle, l'honneur de conclure. Un ordre qui ne bouleverse pas la question fondamentale: les vingt millions de Français installés devant leur télévision vont-ils assister au «débat le plus important depuis 1981», comme l'affirme François Hollande 

ou à un duel aussi stérile que celui qui avait opposé Jacques Chirac à Lionel Jospin en 1995 ? Réponse ce soir, au terme de deux heures d'échanges entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Sept thèmes retenus

Après l'introduction qui sera faite par les journalistes Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal parleront de «la France, la République et les institutions», a précisé François Rebsamen, directeur de campagne de Ségolène Royal, après avoir reçu confirmation écrite du directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, sur les modalités d'organisation du débat. Viendront ensuite les questions économiques et sociales, puis le triptyque éducation-recherche-environnement. Seront abordées dans la foulée «les familles», l'écologie et le développement durable et l'Europe. Les questions internationales seront le dernier thème abordé. Chacun candidat disposera de trois minutes à la fin pour convaincre.

Sarkozy favori

Des deux finalistes, c'est le candidat de l'UMP qui aborde le duel dans la position la plus confortable. « Nicolas est en tête dans les sondages, son avance est telle qu'il faudrait qu'il per­de largement ce débat pour être rejoint. C'est donc à Ségolène Royal de prendre des risques », analyse un membre de son équipe. Au­tre atout dans la manche du favori, son éloquence, jugée très supérieure à celle de sa rivale. Mais puisqu'il est donné gagnant, Sarkozy est aussi celui qui a le plus à perdre. «Il devrait gérer, mais ce n'est pas dans son caractère d'être attentiste», redoute ce proche.

Dérapage?

Ségolène Royal, de son côté, ne pourra pas tout miser sur un dérapage de son adversaire. A quatre jours du scrutin, elle devra convaincre les électeurs de François Bayrou hésitants que sa personnalité et son projet méritent leurs voix. «Pour l'instant, ces indécis se caractérisent par l'inquiétude que leur inspire Nicolas Sarkozy, à cause de ses positions sur l'immigration et l'intégration», explique Vin­cent Tiberj, chercheur à Sciences-Po. Ces personnes représentent 1 % du corps électoral, calcule le politologue. « Assez pour faire basculer l'élection. »

Reste que dans l'histoire de ces duels, seul le cru 1974 a déterminé le résultat. Valéry Giscard d'Estaing y avait asséné cette phrase assassine à François Mitterrand : «Vous n'avez pas le monopole du coeur.» Pour l'emporter, Ségolène Royal ne devra pas être moins incisive.

Stéphane Colineau

©2006 20 minutes
Les règles · De 21 h à 23 h, chacun disposera d'un temps de parole strictement égal. · Un tirage au sort l'a établi : Royal occupera la gauche de l'écran, Sarkozy la droite. · Assis derrière une table qui ne laissera pas voir leurs jambes, les prétendants se feront face à 2 m de distance. · Les plans de coupe sont interdits. Le télespectateur ignorera les réactions de l'un quand l'autre s'exprimera. ·Un pile ou face déterminera au tout dernier moment qui parlera en premier.
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