L'échange devrait être bien moins feutré qu'entre Jospin et Chirac en 1995. Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy auront en tête ce soir de faire chuter l'autre en l'emmenant sur ses terrains difficiles.
Institutions, lobbies
et immigration pour Royal
La candidate socialiste devrait mettre l'accent sur sa volonté répétée de créer
un « Etat impartial », alors que son adversaire veut « conserver le régime actuel », comme on l'explique au PS. En prônant une réforme institutionnelle qui augmente les pouvoirs du Parlement, en déclarant à l'envi qu'elle n'est tenue par « aucun lobby économique » ni par « aucune puissance financière », elle sous-entend que Nicolas Sarkozy, ami de Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, lui l'est. Ségolène Royal devrait également l'attaquer sur ce qu'elle appelle sa volonté
de « diviser les Français ». Avec en point d'orgue, sa politique de l'immigration. La candidate PS qualifie ainsi d' « ignoble » l'idée
de Nicolas Sarkozy de créer « un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ». Une manière politique pour Ségolène Royal
de pointer la personnalité de son adversaire.
Croissance, 35 heures
et stabilité pour Sarkozy
Le candidat de l'UMP devrait attaquer son adversaire sur le terrain de l'économie et de l'emploi pour opposer les deux projets. « La réponse des socialistes à la pauvreté, c'est la gratuité ; la mienne c'est le travail », a-t-il expliqué au journal Le Monde la semaine dernière. Alors que Ségolène Royal veut la généralisation des 35 heures, Nicolas Sarkozy répète qu'« aucun pays qui a réussi le pari du plein emploi, n'a choisi la stratégie du partage du temps de travail ». Et de mettre en avant une étude de l'institut Rexecode qui indique que son programme est le seul susceptible de créer de la croissance. Sarkozy ne manquera non plus, pas d'insister sur « l'instabilité » de Ségolène Royal. « Au cours de cette campagne, elle a beaucoup changé d'avis, sur tous les sujets », note un proche du candidat. B. B. et D. C.