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21,6 millions d'euros pour entrer à l'Elysée... Nicolas Sarkozy censuré?...

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LE JOURNAL DE LA PRESIDENTIELLE, J-1: Claude Allègre va-t-il retourner sa veste?...

Durant les deux semaines de l'entre deux tours, les must et les à côtés de la campagne, c'est dans le journal de la présidentielle...

Samedi 5 mai, J-1

Ils se sont affrontés tout au long de la campagne, mais Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont tout de même un point commun: ils ont tous les deux dépensé 21,6 millions d'euros pour emporter la course à l'Elysée. C'est ce qu'affirme, ce matin, «Le Figaro».

«Le Parisien» dénonce, ce matin, l'interdiction qu'il a reçu de la commission nationale de contrôle des élections de publier une interview de Nicolas Sarkozy. Vendredi, il avait publié un entretien avec Ségolène Royal, et pensait pouvoir faire de mâme avec son opposant, samedi. Mais fin de la campagne officielle oblige, il a du se contenter de la mettre, vendredi soir, sur son site internet.

Même «Libération» n'y croit plus? Etrange une du quotidien, ce matin, qui titre sur «le pari» de Ségolène Royal. Comme si l'élection était déjà jouée...

Vendredi 4 mai, J-2

Pris au piège. L'ancien ministre de l'Education nationale, Claude Allègre, a été filmé vendredi par une équipe de France 2 à la sortie du QG de campagne de Nicolas Sarkozy. Sorti par une porte dérobée de l'immeuble parisien, il s'est retourné en direction de la caméra pour dire: «je suis venu voir François Fillon, avec qui on fait une interview». «Pourquoi ne pas l'avoir rencontré ailleurs qu'au QG?», interroge le journaliste de France 2. «Parce qu'il ne pouvait pas», a-t-il répondu. Selon le commentaire de France 2, il ne s'agissait pas d'un ralliement. L'ancien ministre socialiste avait pourtant demandé la discrétion à l'UMP.

Le Quai d'Orsay vient de publier les résultats détaillés des votes du premier tour par pays. C'est au Bénin que le vote Royal est le plus élevé (58,5%) et en Biélorussie qu'il est le plus faible (5%). Le vote Sarkozy est le plus élevé en Israël (84,5%) et le plus faible au Népal (4,8%). François Bayrou est le plus sollicité en Papouasie-Nouvelle Guinée (41,7%) et Jean-Marie Le Pen au Paraguay (15,2%). Olivier Besancenot réalise, lui, son meilleur score en Moldavie (6,1%) et José Bové aux îles Fidji (7,1%) avec seulement deux voix!

Les militants de Désirs d'Avenir organisent un concours de vidéos pour soutenir Ségolène Royal. Voilà ce que ça donne :


Nicolas Sarkozy
et Ségolène Royal sont-ils amoureux l'un de l'autre? Certains indices existent...

Alors que Nicolas Sarkozy reste favori à deux jours du second tour, la résistance s'organise et AntiSarkoMan veille :



Sarkozy et Royal au coude à coude...
sur le web. C'est l'institut d'étude Xiti qui le détaille. Selon leur étude (que l'on retrouve détaillée ici), «sur l’ensemble des visites générées par les recherches associées aux deux candidats finalistes, Nicolas Sarkozy obtient 50,2% des visites, et Ségolène Royal 49,8%.

Nicolas Dupont-Aignan
a appelé à voter Sarkozy, mais il prévient: «ce n'est pas un blanc-seing»

Olivier Besancenot
se prend à rêver sur son blog d'un mai 2008.

Alain Carignon
donne sa version du débat Sarkozy/Royal sur son blog.

Le sociologue Cyril Lemieux, quant à lui, replace l'affrontement dans le temps long, sur son excellent blog.

Jean-Luc Mélenchon
salue la pugnacité de Ségolène Royal, mais il s’attaque surtout à l’erreur stratégique d’un rapprochement vers le centre: «Il aura été frappant de voir comment le harcèlement pour l’alliance au centre a pris appui sur un matraquage qui ne négligeait aucun détail. De ma modeste place je l’ai bien repéré.»

L’heure est à la mobilisation. Ariane Mnouchkine lance un appel aux abstentionnistes de gauche: «Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui?»

Presidentielle.net s'engage dans la campagne. Le site internet satirique qui aura animé drôlement le débat prend parti pour Ségolène Royal.

Et la mobilisation continue sur internet, avec la série de vidéo «Réfutations»...


Ségolène Royal essaie même de convaincre par SMS. Avez-vous reçu celui-là? «Chers amis, une élection n’est pas faite par les sondages. Je me bats jusqu’au bout. 30% d’indécis. Mobilisez-vous. Je compte sur vous. Ségolène.»

Ceux-là ont fait leur choix: ils votent Sarkozy.

NS TV a aussi retrouvé l’institutrice de Nicolas Sarkozy, qui se souvient d’un élève très affectueux.

Après 20minutes.fr, le site «Libertés réelles» essaie d’en savoir plus sur le fameux rapport Rexecode.

Le blogeur Vert Bix était à Charléty, et il a aimé: «Quand 40 000 personnes se mettent à scander "on va gagner", on se met à y croire.» Bix ne va pas jusqu’à faire des pronostics sur l’après-deuxième tour: «Ce grand parti Vert refondé, on vous en reparle plus tard, dès qu'on a des nouvelles. :-)»

Jean-Michel Apathie tire le bilan de la campagne, et revient sur le seul point d’accord de tous les candidats, la critique des médias. «Débat détestable. Faux d'abord, parce que chacun procède par généralité dans ces histoires. Hypocrite ensuite, car il camoufle l'incapacité à convaincre et fait porter sur d'autres le poids de sa propre impuissance. Dangereux enfin, car à suggérer que la compétition électorale est biaisée, faussée, l'opinion manipulée, on plante les graines de la discorde, de la colère, de la rébellion indéterminée contre les institutions, le pouvoir.»



Jeudi 3 mai, J-3

Bernadette Chirac a confié qu'elle priait plusieurs fois par jour et avait, dans chaque sac à main, un chapelet parce qu'elle «récite le chapelet» fréquemment. «Je prie beaucoup, à différents moments de la journée, j'ai beaucoup besoin de prier, la prière m'aide beaucoup», a déclaré la femme de Jacques Chirac à la chaîne de télévision catholique KTO. «Cela m'aide beaucoup dans l'accomplissement de mes tâches et dans les moments quelquefois difficiles. Je crois qu'il faut beaucoup prier la Sainte Vierge, beaucoup prier le Seigneur pour toutes les grâces qu'on a à leur demander», a-t-elle dit.

Plus de 80 personnes selon la police, 250 selon les organisateurs, ont manifesté jeudi devant la permanence parlementaire du député Eric Besson à Montélimar, dans la Drôme, aux cris de «Besson, trahison, démission».

Comme on lui demandait sur France 3 s'il pensait à une défaite également «en se rasant», Nicolas Sarkozy a répondu: «j'y pense plus souvent qu'en me rasant, il faut être humble devant le résultat». S'il n'était pas élu dimanche, le candidat UMP a dit qu'il «pourrait prendre des vacances plus tranquilles» et «bien réfléchir à ce qui a marché, à ce qui n'a pas marché et d'en tirer les conclusions».

Christophe Barbier
raconte que Nicolas Sarkozy considère qu’il a déjà gagné et qu'il se projette dans l'après 6 mai. L’éditorialiste pose aussi une question de bon sens après les bourdes des candidats sur le nucléaire: «Est-il raisonnable de leur confier le bouton commandant l'arme nucléaire? »

« Il y a quelques points communs entre Ségolène Royal et Sharon Stone», peut-on lire sur ce blog, photos à l'appui. Même si la star était contre le CPE, la ressemblance ne sautait pas aux yeux lors du débat hier soir.

C’est reparti pour les «72 heures pour gagner». Au programme, un grand footing à Arcachon, une opération échange avec les passants à Bordeaux, un apéritif à Laval…

Pour les amateurs d’arithmétique électorale, le comparotron permet de calculer tous les reports de voix.

Ce n’est pas une surprise, mais cela va mieux en le disant: Dominique Voynet vote Royal.


Ralliement toujours, plus surprenant celui-là: Nicolas Dupont-Aignan votera Nicolas Sarkozy: «pour faire barrage à une gauche sans projet précis.»

Ségolène Royal a répondu à la Cnil. Pas vraiment tendre pour le gouvernement: «Ces cinq dernières années ont été mises à profit pour créer le plus grand nombre de fichiers à des fins sécuritaires de notre histoire, le plus souvent sans se soucier des avis de la CNIL.»

Nicolas Sarkozy jugé plus convaincant par 53% des sondés par Opinionway. Bianco et Rebsamen ne sont eux pas convaincus par le sondage lui-même: ils ont dénoncé dès sa publication «la fiabilité» de cette enquête, se demandant dans un communiqué «à qui profite un tel sondage?».

La soirée du premier tour, c’était bien. Remixé, c’est encore mieux. A déguster sans modération.

L'Iran penche plutôt en faveur de Nicolas Sarkozy. «Il a eu des positions négatives à propos du dossier nucléaire mais il a montré qu'il était pragmatique et comprenait mieux les affaires du Proche-Orient», a dit un responsable au Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne. «Nous pouvons plus facilement parler avec lui», a-t-il ajouté. Il a en revanche critiqué la déclaration de Ségolène Royal qui avait affirmé que l'Iran ne devait pas accéder au nucléaire civil. Autre point négatif : «la présence des membres de l'OMPI (Organisation des Moudjahidine du peuple) dans les meetings de Mme Royal». Cette secte iranienne avait été qualifiée en 2003 par Nicolas Sarkozy «secte parmi les plus brutales et les plus cruelles (...) d'islamistes intégristes doublés des derniers vestiges du marxisme le plus intégriste».

Eric Besson n’aime décidément pas Ségolène Royal. Dans une vidéo publiée sur www.sarkozy.fr, il affirme que la candidate socialiste «s’est, une nouvelle fois, réfugiée dans le flou» lors du débat.



François Bayrou
ne sait pas encore pour qui il votera, mais il sait pour qui il ne votera pas: Nicolas Sarkozy. Encore trois jours pour trouver le nom inscrit sur l’autre bulletin de vote.

François Bayrou se sent d’ailleurs un peu seul: «Mercredi soir, il n'y avait pas un seul député dans son bureau pour suivre le débat télévisé.» Ils préféraient tous regarder le foot ou La Nouvelle Star?

Jean-Marie Le Pen, qui n’a pas eu de débat en 2002, ironise sur «les candidats de l’impuissance». Il n’évoque même pas Ségolène Royal, et tape sur Nicolas Sarkozy: «En ce qui concerne la Turquie, M. Sarkozy, comme sur tous les autres sujets, jouait du pipeau.»

A Bondy, on a regardé le débat sur écran géant, même si certains étaient titillés par l’appel de la demi-finale de ligue des champions: « je connais des gens qui vendraient leur rein pour un Manchester-Milan AC, match diffusé au même moment sur la chaîne avec décodeur.»

Les Verts n’ont toujours pas digéré l’attitude de Nicolas Hulot, muet avant le premier tour, et qui refuse toujours de soutenir l’un ou l’autre des candidats. Denis Baupin règle des comptes sur son blog: «Comment peut-on raisonnablement, quand on se dit écologiste, renvoyer dos-à-dos Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.»

Daniel Schneidermann aurait aimé parler à l’oreillette de Nicolas Sarkozy: «Mais aujourd’hui, ils n’ont pas le droit, Nicolas ! Ils n’ont pas le droit, de chuchoter avec toi, de se laisser prendre par l’épaule, d’écouter tes doutes, tes protestations, de recueillir tes confidences. Toute ton épopée, ton parcours, ton courage, ton mérite, ton saut de haies, les gnons que tu as encaissés, rien ne m’a été donné dès le départ, j’ai commencé au fond de la salle, et puis j’ai eu envie de monter sur l’estrade.»

Jean-Michel Apathie est un peu déçu par le débat qui arrive trop tard: «Au moment où elle se produit, cette confrontation ne peut pas, sauf accident, changer vraiment les choses. Si le débat entre les deux prétendants du second tour est intéressant, il n'apparaît pas, ce matin moins que jamais, décisif.
Pour qu'il en aille autrement, il faudrait que cette confrontation entre les postulants sérieux au pouvoir se produise avant, bien avant. L'idéal serait qu'elle se produise au premier tour. Et l'idéal de l'idéal serait qu'il n'y ait pas un débat, mais deux ou trois. Alors, ils seraient décisifs pour la fabrication de l'opinion publique.»

Mercredi 2 mai, J-4


Tony Blair ne se mouille pas. Interrogé par «Paris Match» pour savoir s'il était plutôt partisan de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, il a répondu que «la décision appartient aux Français!». Il a expliqué avoir une position «délicate»: «je n'ai jamais rencontré Ségolène Royal, mais je connais bien Nicolas Sarkozy. Nous avons travaillé ensemble sur les problèmes d'immigration clandestine lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. J'ai appris à le connaître et à l'apprécier. Lors de nos discussions, il s'est montré ouvert et a fait preuve d'esprit de décision». Invité à commenter le fait que certains appellent Nicolas Sarkozy le «nouveau Blair», il a déclaré: «le pauvre! c'est un lourd fardeau à porter!»

Il était pas évident de pénétrer dans le stade Charléty mardi pour le meeting de Ségolène Royal. La preuve : même le député européen socialiste, Benoît Hamon, n'a pu rentrer. Et s'est consolé à une terrasse, avec des bières.

Le cabinet fantôme de la blogosphère existe. Et il est révélé ici.

L’entreprise Echovox propose d’envoyer par SMS, dimanche dès 18 heures et pour 1€50, les premières estimations de résultat dans le cadre l’élection présidentielle. Comme toute diffusion de ces premiers calculs est interdite en France, le site www.presidentielles.com, créé pour l’occasion, précise que ce «service exclusif» est «édité depuis la Suisse». Echovox est effectivement basée dans le canton de Genève. Mais la société a également un bureau à Neuilly-sur-Seine et travaille notamment pour M6 depuis 2002 en s’occupant du vote de la Nouvelle Star.

Guy Birenbaum
est toujours NRV. Mais pas toujours visionnaire comme nous le prouve cette vidéo (qu'il a mise sur son blog, bon joueur) :



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envoyé par Culturalgangbang

François de la Brosse
, monsieur Sarkozy TV, laisse entendre qu'il pourrait s'occuper d'une web-télé gouvernementale si Nicolas Sarkozy est élu président de la République.

Dieudonné
a tenté de s'inviter au meeting de Ségolène Royal au stade Charléty mardi. Il n'a pas été le bienvenu.

Jacques Séguéla soutient Nicolas Sarkozy. Pourtant, il y a quelques mois, il croyait ferme au succès de Ségolène Royal.



Segolene Va Gagner Par Jacques Seguela - video powered by Metacafe

Le revirement du publiciste énerve Bruno Masure qui écrit : «Même un chien affamé fait montre de plus de dignité quand il cavale vers la gamelle ! Chez Jacques Séguéla, dont la gamelle est pourtant remplie à raz bord, la déloyauté serait-elle une seconde nature ?»

Petit apéritif au débat de ce soir, Nicolas Sarkozy affute ses lames: «Il y a quelque chose qui m'a frappé», a déclaré le candidat de l'UMP à propos du grand meeting de Ségolène Royal à Charléty: «A aucun moment Mme Royal n'a dit ce qu'elle voulait faire pour résoudre les problèmes des Français.» «Le discours est toujours le même: attention, la droite revient, la brutalité revient». Pour Nicolas Sarkozy, la droite n’est pas brutale, mais la gauche est
«sectaire».

C’est peut-être cette attaque de Ségolène Royal qui est mal passée : «[Dimanche, lors du meeting de Sarkozy à Bercy,] la machine à remonter le temps était en marche. On était en juin 1968. Mais Doc Gynéco, ce n’est pas André Malraux. François Mauriac, ce n’est pas Bernard Tapie. Et monsieur Sarkozy, ce n’est pas le général de Gaulle».

Royal à Charlety, c’était «une démonstration de force» réussie, selon Jean-Michel Apathie: «Un nombre impressionnant de militants et de soutiens, de la musique et de la chaleur, un discours applaudi, l'évocation sans nul doute excessive d'un "risque sur la paix civile" si son adversaire l'emporte et, en conclusion, un surprenant et peu laïque: "aimons-nous les uns les autres."»

Le Bondyblog était à Charlety, et a réussi l’exploit de rentrer dans le stade, au contraire de quelques journalistes un petit peu aigris.

On a retrouvé les amateurs de vieilles affiches qui donnent à Paris des petits airs seventies.

Nouveau site pour Ségolène Royal, qui présente «La France présidente» et quelques photos de jeunesse.

Arlette Chabot est-elle plus gentille avec Sarkozy qu’avec Royal? Oui, mais est-elle pour autant de droite? répond le sociologue Cyril Lemieux. La politiqur, c'est parfois compliqué.

La ligue Odébi vient de recevoir les réponses de Ségolène Royal sur le thème «Internet et liberté» et appelle à «faire barrage à Nicolas Sarkozy et à un Internet bâillonné et sous surveillance».

Plus fort que la flûte de pan des Andes, l’étudiant qui veut «réveiller les consciences des citoyens» dans le métro.



Mardi 1er mai, J-5


L’UMP contre-attaque. Pour s’opposer à ce qu’ils perçoivent comme une «diabolisation» de leur candidat, les supporters de Nicolas Sarkozy incitent les sympathisants à diffuser une vidéo élogieuse pour leur candidat. On y voit Nicolas Sarkozy, en mai 1993, sauver les enfants pris en otages dans une école maternelle de Neuilly-sur-Seine. La vidéo est l’une des plus visionnée du moment.
L’UMP a conçu par ailleurs 60 points du parfait militant pour bien préparer le débat de mercredi entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Impossible de savoir combien de Français qui ont voté Royal au premier tour voteront Sarkozy au second. Mais en tous les cas, Jacques Séguéla, monsieur Communication de François Mitterrand, en fait partie. Pourquoi ce retournement de bulletin ? Car «Ségo m'a fait rêver et Sarko l'a fait» résume-t-il dans une savante formule dont lui seul a le secret.

Un air de Woodstock mardi après-midi au meeting de Ségolène Royal à Charléty. Sont attendus notamment Georges Moustaki, Renaud, Michel Delpech, Disiz la peste, Grand corps malade, Cali, Benabar, Yannick Noah, Sapho, Kery James, Yvan Le Bolloc’h, les Têtes raides, Miossec
De quoi concurrencer Nicolas Sarkozy dont les soutiens people ont été un peu nuls.


Lundi 30 avril, J-6

La liquidation de mai 68 proposée par Nicolas Sarkozy ne passe pas chez tout le monde. Daniel Cohn-Bendit s’insurge: «Il ne sait pas de quoi il parle». «Parler de liquidation de 68, c'est du bolchevisme". "Si on veut un bolchevique au pouvoir en France, eh bien: Sarkozy!». Même réaction chez Henri Weber, sur les barricades en 68: «Nicolas Sarkozy a trouvé un nouveau bouc émissaire: après les immigrés, les fonctionnaires, c'est Mai 68 qui est désormais responsable de tous les malheurs de la France!».

DSK ou Bayrou à Matignon? Cela ne plaît pas beaucoup à Luc Châtel, porte-parole de l’UMP: «On a atteint le paroxysme de la combine politique (...) elle dit qu'elle pourrait nommer François Bayrou à Matignon et dans le même temps, elle dit que ce n'est pas ce qui se passera.»

L’île Sarkozy sur Second Life aurait pu fermer. Trop de pollutions visuelles, de flash mob, et pas assez de débats. «Cette expérience fut intéressante mais devient de plus en plus limitée, déprime Arnaud Robail, sur le blog de l’île. Au bout de 2 mois, on voit toujours les mêmes … 20 à 30 fidèles qui campent sur leur position. Plus de débat sur les idées. On attaque frontalement les personnes. Chacun dans son camp, sur son île … Ils essayent d’empêcher les débats à coup de canon à particules, ou d’affiches qui représentent mon candidat en Hitler.» Un petit coup de blues vite passé. «Vous êtes nombreux à me demander de rester et de ne pas céder au front TSS. Je vous remercie de votre soutien. J'avais peut être besoin de cela pour me donner la force de continuer. Ensemble jusqu'à la victoire de dimanche soir!»

Tout s’achète, même les suffrages. Un électeur a décidé de rentabiliser son indécision. 9 euros pour l’instant. La démocratie ne vaut pas cher.

Le Pen assume la responsabilité de sa campagne présidentielle. «Il convient d'être clair. Le responsable de la campagne, c'était moi, assisté par le pôle stratégique de Marine Le Pen (...) et Bruno Gollnisch.» S’il y a échec, c’est la faute de Nicolas Sarkozy qui, «fort de moyens considérables et d'une énorme organisation» a fait croire qu'il «allait pouvoir mettre en oeuvre le programme que nous défendons depuis tant d'années». «Paradoxalement vainqueurs sur le terrain idéologique, nous avons provisoirement perdu sur le terrain électoral. Il n'est pas nécessaire d'aller plus loin. Les électeurs français ont été victimes d'une escroquerie.»

Sans surprise, José Bové rallie Ségolène Royal pour contrer Nicolas Sarkozy, chantre de «la société du conflit permanent». «On sait que cet homme est dangereux pour nos libertés, que c'est le libéralisme, le candidat du Medef.»

Chaque voix compte. Ségolène Royal accueillera donc sans doute avec plaisir la fédération «Régions et peuples solidaires» qui appelle à voter pour elle face à Nicolas Sarkozy, «candidat du pouvoir sortant (qui) incarne la fermeture et le conservatisme». «Régions et peuples solidaires» Ne parie pas toujours sur le bon cheval. la fédération avait appelé à voter pour la candidate des Verts Dominique Voynet au premier tour de la présidentielle, et a passé des accords de partenariat avec cette formation pour les législatives de juin prochain.

Sur un registre complètement différent, Denis Baupin est papa, mais il ne veut pas en parler. Enfin, juste un peu. Félicitations quand même.

Versac
était à Bercy dimanche, au meeting de Nicolas Sarkozy. Il a vu «du people, beaucoup de people». Il a aussi apprécié l’organisation: «Il y a quelque chose de toujours impressionnant dans un grand meeting organisé par l'UMP. C'est gros, professionnel, minuté, énorme, beaucoup plus que tout autre parti. C'est parfois un peu inquiétant, aussi, comme ce vigile qui ne me demande pas mais exige de rembobiner ma caméra parce qu'il serait apparu dans le champ (il n'obtiendra pas gain de cause, quand même). On n'y est pas libre comme dans un autre meeting, c'est plus carré et policé, et, dans ce cas spécifique, il y a trop de monde pour circuler dans la foule.»


La blague coûte cher. Un traducteur avait fait dire à Nicolas Sarkozy «to rally my inflated ego» (à rallier mon ego surdimensionné), alors qu'il était en train de les inviter à «s'unir à moi», dans les sous-titres du journal de France 2 à destination du continent américain. Un incident «inadmissible» qui n’a pas plu aux responsables de France 2. Bilan, la porte pour l’impétrant qui ne votera pourtant pas Ségolène Royal: il est Américain.

L’hebdomadaire «Le Monde 2» se demandait samedi: Où sont passés les intellectuels de gauche? Derrière Ségolène Royal, répondent une centaine de signataires d’un appel dans «Libération». Parmi eux, l'historien Jean-Pierre Azéma, les comédiens Jean-Pierre Bacri et Charles Berling, le cinéaste Costa-Gavras, la féministe Antoinette Fouque, le producteur Dominique Besnehard, le généticien Axel Kahn et la comédienne Jeanne Moreau.

Nicolas Sarkozy est-il l’homme politique français le mieux habillé? La question est posée sur ce blog, qui s’amuse: «Il est surprenant de constater que Nicolas Sarkozy s’habille en Dior, sachant que le directeur artistique de cette grande maison, Hedi Slimane, conçoit ses vêtements en pensant à des silhouettes longilignes, maigres et sans épaules (par exemple Pete Doherty, ex-punk et rockstar).»

La proposition de Nicolas Sarkozy, dimanche, d'introduire un peu de proportionnelle pour le mode de scrutin aux législatives, n'a pas laissé Ségolène Royal indifférente. Ce matin sur France 2, elle a estimé que le candidat UMP cherchait surtout à capter les voix du Front national».
Nicolas Sarkozy qui ne regrette rien et l'autre débat, c'est dans le journal de la présidentielle de la semaine dernière...
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