REACTIONS - La communauté internationale s'émeut de la disparition de Rostropovitch, vendredi...
«C'est une perte énorme pour la culture russe», a réagi vendredi le président Vladimir Poutine.
L'ancien dissident soviétique et prix Nobel de littérature Alexandre Soljenitsyne a rendu un vibrant hommage à son «ami de cœur», déplorant «un coup terrible porté à (notre) culture», dans un communiqué cité par l'agence Interfax.
Le musicien avait même écrit une lettre pour le défendre au quotidien communiste Pravda qui n'a jamais été publiée mais qui lui a coûté sa carrière en URSS. Victime de représailles, il avait émigré à l'Ouest en 1974.
Le chef de l'Etat français Jacques Chirac a salué la «leçon de courage et d'harmonie» donnée par son «ami». «Tout entière dédiée à la musique, sa vie, qu'il a façonnée comme une oeuvre d'art, a éclairé l'histoire de notre temps, celle de la Russie et celle de la liberté».
«C'est un homme de légende dont la personnalité a fait le lien entre des générations de grands compositeurs comme Sergueï Prokofiev, Dmitri Chostakovitch et la nôtre», a déclaré Mikhaïl Pletnev, chef de l'Orchestre national russe, cité par l'agence Ria Novosti.
Rostropovitch sera enterré dimanche au cimetière Novodevitchi dans le sud-ouest de Moscou, où repose Boris Eltsine décédé lundi.
L'office funèbre aura lieu à la Cathédrale du Christ Sauveur, comme pour le premier président russe, selon l'entourage du musicien cité par les agences russes.
Il y reposera aux côtés des compositeurs Chostakovitch et Prokofiev qu'il avait connu personnellement, des écrivains Anton Tchekhov, Nikolaï Gogol et Mikhaïl Boulgakov et du chanteur d'opéra Fedor Chaliapine.