Micmac médiatico-politique. Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne de Ségolène Royal, l'annonce hier à 14 h : la candidate et François Bayrou débattront samedi sur Canal+, iTélé et France Inter. Mais à 19 h, les chaînes sont catégoriques. Un tel raout est impossible, règles du temps de parole du Conseil supérieur de l'audiovisuel obligent. « Si on avait mis la discussion à l'antenne, précise Canal +, il aurait fallu donner le même temps à Sarkozy, à la même heure, dans les mêmes conditions. »
Seul problème : hier soir, le CSA démentait être intervenu auprès de la chaîne cryptée. Bref, un vrai casse-tête. « M. Bianco a parlé trop vite, glisse-t-on encore chez Canal. On a découvert ses propos quand nous discutions encore de l'aménagement de l'antenne. » iTélé (filiale de Canal+) et France Inter, qui auraient simplement retransmis, sont donc aussi privées de duo socialo-centriste.
Le projet de rencontre suscite décidément des complications. Hier matin, Royal et Bayrou semblaient d'accord pour parler ensemble devant la presse quotidienne régionale vendredi. Mais en début d'après-midi, hier, la PQR met son veto : la rencontre aurait supplanté une interview prévue depuis dix jours avec Royal seule, et qui devait succéder à un entretien avec Sarkozy. « On ne change pas les règles du jeu à la dernière minute », peste un rédacteur en chef régional. De son côté, la candidate socialiste dénonce des pressions de Nicolas Sarkozy sur le syndicat de la PQR. Bon gré mal gré, François Hollande suggérait hier soir un dialogue Royal-Bayrou dans la presse écrite... nationale ?