Il fallait lire entre les lignes hier, lors de la conférence de presse de François Bayrou. Un comble pour celui qui se fait le chantre de la transparence. A la tête de la troisième force du pays, le leader du l'UDF a expliqué qu'« il ne donnera pas de consigne de vote », estimant que « les Français sont libres de leur choix ». Et à titre personnel ? « Je ne sais pas ce que je ferai, a-t-il avoué, mais j'imagine déjà ce que je ne ferai pas. » « Je pourrais annoncer mon choix personnel avant le second tour », a-t-il précisé plus tard sur France 2.Au vu des critiques formulées hier à l'encontre de Nicolas Sarkozy, on en déduit qu'il ne votera pas pour le candidat UMP. « Il y a des ressemblances entre Berlusconi et Nicolas Sarkozy, a expliqué François Bayrou. Par sa proximité avec les milieux d'affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l'intimidation et de la menace, il va concentrer les pouvoirs comme ils ne l'ont jamais été. »Mais ce n'est pas pour autant qu'il donnera sa voix à Ségolène Royal. Selon lui, la candidate « paraît mieux attentionnée en matière de démocratie ». Mais au fond, il s'est dit « en grave contradiction » avec elle, notamment sur des sujets tels que l'alliance du PS avec l'extrême gauche et le rôle de l'Etat dans l'économie.Assurant que son ambition n'est pas de participer à un gouvernement, Bayrou n'a toutefois pas fermé la porte, puisqu'il accepte le débat proposé par Royal à condition que celui-ci soit télévisé, ce que France 2 a proposé de faire hier soir (lire aussi page 6) : « Si je peux servir l'intérêt des Français et clarifier leur choix, je le ferai. » La porte est d'autant moins fermée que mardi soir, en interne, les cadres UDF ont estimé qu'il fallait tout faire pour battre Sarkozy. Mais au-delà de la présidentielle, le problème de François Bayrou est de conforter sa place de troisième force politique « centrale ». C'est pour cela qu'il a annoncé hier la création d'un nouveau parti, qui devrait s'appeler le parti démocrate. Un pari osé ? « J'accepte les risques », assure Bayrou.