La gauche, la droite ou l'absence de consigne? François Bayrou analysera mercredi, à partir de 15h30, les résultats du premier tour aujourd'hui devant la presse. Il ne devrait pas soutenir de candidat au second tour mais pourrait annoncer la création d'un parti «démocrate» pour tenter de sortir de l'impasse dans laquelle l'UDF se trouve.
Royal courtise l'homme...
L'une choisit de parler à François Bayrou, l'autre à ses troupes. Trois jours après le premier tour, Ségolène Royal change de stratégie. Elle abandonne la ligne «Tout sauf Sarkozy» tracée dimanche, mais critiquée par François Hollande et DSK, pour multiplier les signes en direction du leader UDF, notamment en mettant ses idoles dans sa poche.
Lundi soir, elle lui a proposé un « débat public », et, hier, elle l'a relancé par courrier. A la question d'une alliance, elle a même évoqué pour la première fois la présence de ministres UDF dans un gouvernement socialiste (lire ci-dessous).« Royal est contrainte au grand écart entre la gauche et le centre, explique un élu socialiste, mais elle a un problème : Bayrou n'a pas intérêt à lui répondre et il est moins risqué pour les députés UDF de s'allier avec l'UMP qu'avec le PS ».
...l'UMP ses sympathisants
De son côté, officiellement, Nicolas Sarkozy ne veut se livrer à aucun marchandage. L'UMP compte sur un retour naturel des électeurs centristes dans le giron de la droite. Quitte à forcer la main aux élus UDF. C'est dans ce but qu'a été imaginé le concept de majorité présidentielle multipolaire, avec trois pôles : majoritaire, centriste et de gauche. « Un signe d'ouverture, estime Eric Woerth, trésorier de l'UMP, et qui nous donne la possibilité de soutenir aux législatives ceux qui nous ont rejoints. » Ou de ne pas les soutenir.
Mardi soir des anciens de l'UDF devenus proches de Nicolas Sarkozy avançaient, anonymement, une autre possibilité : la création d'un « nouveau parti centriste » regroupant des UDF ralliés à l'UMP.