Gueule de bois et voix discordantes au Front national

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Publié le 24 avril 2007.

PRESIDENTIELLE - Une vraie débâcle. Cinq ans après son accession au second tour de la présidentielle, le FN tombe de haut...

Une vraie débâcle. Cinq ans après son accession au second tour de la présidentielle, le FN tombe de haut. Abasourdi par son résultat, Jean-Marie Le Pen reconnaissait dimanche soir en direct sur TF1 avoir sûrement fait « une erreur d'appréciation ». En recueillant 10,44 % des suffrages - son plus mauvais score depuis plus de vingt ans -, l'extrême droite revient, en pourcentage, à son niveau des européennes de 1984 (10,9 %). Et perd surtout, en valeur absolu, un million de voix par rapport au premier tour de 2002.Destabilisés, les dirigeants frontistes étaient réunis hier, au siège du parti à Saint-Cloud, pour faire le point. Et malgré le recul, Marine Le Pen tentait de sauver la face. « Nos idées ont tellement bien marché qu'elles ont permis à Sarkozy de faire 30 % », lâchait la directrice de campagne. Avant d'ajouter que « le vrai maître du scrutin » restait Jean-Marie Le Pen et non Bayrou.Mais au sein du parti, les avis semblent déjà diverger sur les consignes de vote à donner. Sans vouloir s'exprimer sur la position que devrait prendre son père le 1er mai prochain, Marine Le Pen s'est bornée à rappeler les électeurs FN au bercail pour les scrutins à venir en juin : « Pour forcer Nicolas Sarkozy à tenir ses promesses, il faut voter FN aux législatives. »Bruno Gollnisch s'est montré lui plus ouvert. « Il faut voir en fonction de l'attitude des deux candidats », a déclaré le n° 2 du parti. Pour lui, Royal est « moins pire » que Sarkozy sur certains points. Il prend pour exemple la Constitution européenne. La candidate PS s'est prononcée pour un nouveau référendum alors que l'ancien ministre de l'Intérieur plébisciterait la voie parlementaire.Le feu est donc à la porte de la maison FN. Et la désillusion de 2007 risque d'entraîner des règlements de comptes au sein du parti. « Soit Le Pen et sa fille tirent les con­clusions de ce qui s'est passé, soit Jean-Marie va finir là où il a commencé », estimait hier un cadre du FN, sous couvert d'anonymat. Une critique assortie d'un appel aux caciques du parti à se « différencier très vite de Le Pen et de sa fille ».

O. M. (avec AFP)
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