L'entre-deux tours en huit questions

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Publié le 24 avril 2007.

PRESIDENTIELLE - Seuls Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne sont pas sortis K.-O. du 22 avril. Ils ont maintenant deux semaines...

J - 12 avant le dernier round. Seuls Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne sont pas sortis K.-O. du 22 avril. Ils ont maintenant deux semaines pour rallier les hésitants et convaincre les récalcitrants. Mais comment aborder le sprint final d'un marathon entamé en janvier ? Début de réponses aux interrogations soulevées par le premier tour et la suite de la campagne.

1 Du repos avant le grand saut ?

Pas du tout. Après Valence (Drôme) hier, Ségolène Royal se rendra notamment à Montpellier, Lyon et Paris. Sarkozy était à Dijon hier soir. Il est annoncé à Rouen, Clermont-Ferrand et Paris. Une main serrée égale à une voix : le tour de France reprend de plus belle.

2 Du neuf dans les programmes ?

Si peu. Après six mois de campagne, difficile d'innover ou de s'approprier en dernière minute les propositions des perdants. Mais des « variations » sont encore possibles, dans la forme plus que dans le fond, estime Etienne Schweisguth, politologue. Il cite notamment Sarkozy qui « s'est adressé dimanche au peuple dans un discours social ».

3 Aux petits partis les clés du scrutin ?

Pas vraiment. Ce sont surtout les électeurs de Bayrou qui risquent de donner le la. Néanmoins, Besancenot Bové, Buffet, Voynet, et même Laguiller - muette en 1988, 1995 et 2002 - appellent à voter Royal. Or, ils pèsent 10,23 % des voix. A l'opposé, silence pour l'heure à l'extrême droite (12,67 %) : Villiers se targue d'être « Sarko-incompatible », et Le Pen ne se prononcera que le 1er mai. Dira-t-il à ses militants comme en 1988 : « Je vous laisse choisir entre le pire et le mal [Mitterrand et Chirac] » ?

4 Exit les machines à voter ?

Et non. Malgré un accueil mitigé, les ordinateurs de vote restent en place dans 80 villes. Seuls Saint-Malo et Le Perreux-sur-Marne reviendront au papier.

5 Le débat peut-il changer la donne ?

Possible. Selon Schweisguth, le débat télévisé du 2 mai «peut déplacer 1 à 2 % des voix». Voire plus. Selon une enquête Ipsos-Public Affairs-Télé 7 Jours parue en janvier, 63 % des téléspectateurs déclarent qu'ils tiendront compte du face-à-face avant de voter. Et près d'un sur trois pourrait changer d'avis en cas de gros déséquilibre dans la qualité des interventions des candidats.

6 Les sondeurs au chômage ?

Les règles étant les mêmes qu'avant le premier tour, les enquêtes d'opinion peuvent être publiées jusqu'au 5 mai minuit. Selon la Commission des sondages contactée hier, 258 enquêtes ont été menées avant le premier tour. Et 36 devraient être publiées d'ici au 6 mai, soit plus de deux par jour ! Pour l'heure, elles donnent toutes Sarkozy à 54 % et Royal à 46 %.

7 Des antennes prises en otage ?

Non. Les règles du CSA en vigueur depuis le 9 avril s'appliquent aussi pendant l'entre-deux tours. La stricte égalité des temps de parole et d'antenne est de rigueur. Le tout aux mêmes horaires : impossible de diffuser les déclarations de Sarkozy au beau milieu de la nuit !

8 Les petits partis ruinés ?

Huit des douze candidats n'ont pas atteint la barre des 5 % des suffrages. L'Etat ne leur remboursera donc pas la moitié de leurs frais de campagne. Ils ne toucheront que 800 000 € (un vingtième des 16 millions d'euros qu'ils pouvaient dépenser au maximum). C'est peu ! Les Verts ont 550 000 € de déficit, et José Bové cherche désespérément 200 000 €. De là à mettre la clé sous la porte ? « On va lancer un appel au don, et puis on a cinq ans pour écluser le déficit », répond le trésorier de Voynet, « pas inquiet » pour autant.

L. de C.

inattendu En 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen. Une première dans l'histoire de la Ve République ! Tout aussi étonnant, dans un autre registre, en 1981 : une partie de la droite expliquait que les chars soviétiques seraient place de la Concorde en cas de victoire de François Mitterrand... En 1981 toujours, le communiste Georges Marchais avait fait passer en sous-main l'idée que voter Valery Giscard d'Estaing serait révolutionnaire ! Et cette fois ? Et si Ségolène Royal annonçait avant le 6 mai qu'elle nomme Dominique Strauss-Kahn à Matignon, et Nicolas Sarkozy qu'il prendrait François Bayrou comme Premier ministre ?

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