Des cicatrices qui resteront à vie. Depuis décembre, quatorze patients ont été victimes d'infections nosocomiales chez une généraliste parisienne du 12e arrondissement, après des séances de mésothérapie contre la cellulite. Certains ont dû subir l'ablation de centaines d'abcès. La cause : une microbactérie présente dans les canalisations d'eau. Si la généraliste changeait bien ses aiguilles à chaque injection, comme cela est obligatoire, elle nettoyait le pistolet à l'eau et au savon. « Elle s'était installée il y a un an dans ce cabinet. Les canalisations n'avaient pas été traitées », explique le Dr Denis Laurens, président de la société française de mésothérapie. Une réunion de crise sera organisée le 9 mai au ministère de la Santé, notamment pour renforcer les règles d'hygiène.La mésothérapie est une technique qui permet de soigner en injectant, à l'aide d'une fine aiguille, le médicament sous la peau, à l'endroit exact que l'on veut traiter. Elle est utilisée à 70 % pour la lutte contre la douleur, notamment chez les sportifs, et à 30 % dans la médecine esthétique. C'est dans cette dernière qu'elle suscite la polémique. « Il existe un diplôme universitaire depuis deux ans, ainsi qu'une association. Mais chacun agit dans son coin », estime Denis Laurens. Le Dr Jean-Luc Roffe, président du syndicat français de la chirurgie plastique, dénonce, lui, le « manque d'encadrement dans la nébuleuse de la médecine esthétique, une discipline qui officiellement n'existe pas ».