Débattre? Impossible!
Créé le 15.04.07 à 18h17
Mis à jour le 16.04.07 à 09h56
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Le débat présidentiel avant le premier tour du scrutin n’aura pas lieu. Ni à la télé ni sur Internet.
Pourtant, un collectif d’acteurs issus du web, dont 20minutes.fr, s’est mobilisé pour organiser ce qui aurait pu être le premier événement du Net politique français. Le principe était de filmer la confrontation entre Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, les quatre candidats qui mobilisent, selon tous les sondages, plus de 80% des intentions de vote des électeurs. Le tout aurait été diffusé en ligne, accessible à tous les internautes. Initialement, l'idée revient à François Bayrou qui avait déclaré, dès le 3 avril, attendre que ce débat soit organisé sur Internet où «une nouvelle démocratie est en train de naître»
dans cette séquence vidéo.
Le 10 avril, le collectif lance une invitation aux candidats. La date du débat – le 16 avril au matin – est calée, le plateau et la régie trouvés, les caméras prêtes à tourner, les thèmes des discussions élaborés, les questions techniques résolues. Bref, au prix d’une organisation parfois chaotique, menée tambour battant en un temps record, entre coups de fils incessants, réunions agitées dans les bureaux d’
AgoraVox ou de 20 Minutes et plusieurs centaines d’e-mails, tout est prêt.
Mais il manque encore le principal: les candidats. François Bayrou a, sans surprise, répondu oui à l'invitation. Ségolène Royal aussi. Jean-Marie Le Pen se fait attendre. «Il est très occupé, on vous envoie Bruno Gollnich», finit par répondre le Front National. Stupéfaction et veto collectif à la venue de porte-parole en lieu et place du candidat.
Pendant ce temps, l’UMP énonce un «non» ferme. Mais pas assez ferme pour que le collectif se résigne. Les signataires espèrent qu’il reviendra sur sa décision.
L’espoir, l’énergie et la bonne volonté ne suffisent pas. Nicolas Sarkozy n’a pas changé d’avis. «On a proposé que le débat ait lieu avant le début de la campagne officielle, explique-t-on à l’UMP. Madame Royal n’a pas voulu. Maintenant qu’elle sait que le débat ne pourra pas se faire, à cause des contraintes d’égalité de temps de parole, elle dit oui». Hors de question pour Nicolas Sarkozy de se «plier à l’agenda de Madame Royal», donc.
Apprenant le refus de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal annonce ne plus vouloir venir. Désormais, c’est sûr: le débat tombe à l’eau. Tant pis pour les électeurs. Rendez-vous la prochaine fois?
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