Le leader de l'extrême droite française figurera-t-il pour la deuxième fois consécutive au second tour de l'élection présidentielle ? L'hypothèse d'un 21 avril bis fait frémir les états-majors des grands partis politiques. Elle n'a rien de fantaisiste, tant la courbe des intentions de vote en sa faveur grimpe ces dernières semaines. Elle atteint 15 % selon LH2, un score historiquement élevé pour le Front national. Autres faits nouveaux, ses électeurs semblent décomplexés et de plus en plus de Français jugent qu'il est un candidat comme les autres et non plus un dictateur en puissance. Mais Jean-Marie Le Pen, 78 ans, a beau clamer qu'il figurera inévitablement au second tour, il sait que la partie n'est pas jouée. C'est qu'il a un problème : Nicolas Sarkozy. Car, pendant que le candidat frontiste s'évertue à polir son image, le leader de l'UMP mène campagne auprès des électeurs d'extrême droite, à coups de déclarations sur l'immigration et l'identité nationale.Et ça marche. « Parmi tous les électeurs qui ont voté Le Pen le 21 avril 2002, 20 % déclarent aujourd'hui vouloir voter pour Nicolas Sarkozy », souligne Pierre Giacometti, d'Ipsos. Autre indicateur, les électeurs de Jean-Marie Le Pen souhaitent plutôt, paradoxalement, une victoire de Nicolas Sarkozy (42 % contre 32 %).Dans ce contexte, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le leader du FN dirige toutes ses attaques contre Nicolas Sarkozy, dont il ne cesse de railler les origines immigrées. Car les dix jours à venir seront capitaux pour Jean-Marie Le Pen dans la conquête de son propre électorat.