Peut-on laisser la clé de l'Elysée à un candidat qui ne semble pas disposer d'une totale maîtrise de ses nerfs ? Ou à une candidate qui donne le sentiment de ne se fier qu'à sa propre intuition et à celle d'une poignée de proches ? La question de la personnalité des candidats se pose cette année comme jamais depuis 1969, dernière élection où les deux favoris briguaient pour la première fois le mandat présidentiel. Comme Georges Pompidou et Alain Poher à l'époque, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont des personnages moins familiers des Français que les « dinosaures » habituellement chargés de représenter les grands partis. Pour Brice Teinturier, coauteur de L'Etat de l'opinion 2007, « cette interrogation » sur les personnalités des candidats « peut durer jusqu'au bout ». Selon le sondeur, dirigeant de la Sofres, « une grande fraction de l'électorat pense que Nicolas Sarkozy a la stature, mais il y a une inquiétude sur sa capacité à rassembler. Il donne le sentiment de diviser. Ségolène Royal, elle, est créditée d'une capacité d'écoute, de dialogue, qui pourrait permettre de conduire les changements nécessaires, mais elle n'a pas la stature. »Reste François Bayrou : « Il rassure, car il est modéré. Mais il soulève une autre inquiétude : avec qui gouvernerait-il, avec quelle majorité, quel programme ? » Bref, conclut Brice Teinturier, « aucun candidat ne s'impose sur toutes les dimensions du spectre présidentiel ».Pour tenter d'y voir plus clair 20 Minutes a décidé de dresser un portrait psychologique des principaux candidats.