Nicolas Sarkozy, un homme sous tensions

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Publié le 11 avril 2007.

PORTRAIT - Le coup de boule d'abord et après on discute. On ne peut pas nier qu'une certaine violence émane de la...

Le coup de boule d'abord et après on discute. On ne peut pas nier qu'une certaine violence émane de la personnalité de Nicolas Sarkozy. Le candidat à la présidentielle a remporté beaucoup de batailles politiques, terrassé ses adversaires, subi des revers cuisants, et a réussi à s'imposer en chef d'un clan qui lui était hostile au départ.Tant de vocabulaire guerrier pour un seul homme ? L'intéressé s'en défend en public : « Le débat politique, ce n'est pas la guerre (...). Le contradicteur, ce n'est pas l'ennemi. Le parti d'en face n'est pas celui que l'on doit détruire. » En privé, le naturel revient au galop. « Fillon, je l'ai aligné. Juppé, je l'ai aligné. Villepin, Chirac, je les ai tous alignés », s'est-il laissé aller devant des journalistes. Qualifiant dans la même conversation François Bayrou de « rôti de veau ».Nicolas Sarkozy a pour habitude de créer un rapport de force immédiat et permanent avec ses interlocuteurs. Recevant des rédactions à déjeuner ces derniers mois, il a souvent commencé par instaurer un climat de tension, à peine l'entrée servie. Ses trucs ? Interpréter chaque question comme une attaque personnelle, se plaindre d'être maltraité dans les médias, répondre par des questions pour forcer le journaliste à prendre position pour ou contre lui... Car sa vision de la société, c'est ça : on est avec lui ou contre lui. « Nicolas Sarkozy est un philatéliste acharné, explique un magistrat qui le connaît bien. Et le monde pour lui doit être rangé comme un album de timbres. Chaque timbre doit être bien à la place qui lui est dévolue, les bleus avec les bleus, les rouges avec les rouges... »Depuis toujours, le candidat entretient des rapports tendus avec les journalistes. Nicolas Sarkozy n'hésite pas à leur rappeler qu'il connaît leur patron. Et en plus, c'est vrai. Il a ainsi obtenu, de son « frère » Arnaud Lagardère, la tête d'Alain Genestar, patron de Paris Match, qui avait publié des photos de Cécilia Sarkozy lors de son escapade amoureuse à New York. Sur le terrain, la connivence avec les journalistes n'est pas flagrante, mais il n'est pas rare que Nicolas Sarkozy glisse à l'oreille d'un rédacteur qui le suit - hors micro et caméra - , un « enfoiré » ou un « charognard » sur le ton de la plaisanterie. Dans quel but ? « C'est son sens de l'humour, faut pas chercher à comprendre », répond un des journalistes.Ses proches jurent que Nicolas Sarkozy n'est pas aussi colérique qu'on veut bien le faire croire. « Il ne s'énerve pas, mais il est exigeant, assure Rachida Dati, sa porte-parole. S'il nous demande quelque chose, il faut que ce soit fait vite. » Cette impatience, cette nervosité à fleur de peau, ses proches espèrent qu'une éventuelle arrivée au pouvoir permettra de les « gommer ».

David Carzon
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