EMPLOI - La proposition de la candidate est critiquée aussi bien à droite qu'à gauche...
Ségolène Royal s’est appliquée à aménager le projet de contrat première chance (CPC) après les critiques que ce projet a suscitées à droite et à gauche. Dégainée le 30 mars, cette arme anti-chômage de la candidate s'adresse aux jeunes tôt sortis du système scolaire sans qualification. Le dispositif prévoit la prise en charge, pendant un an, par les régions, «de la totalité des salaires et des charges» d'un jeune embauché dans une entreprise artisanale et commerçante. A charge pour l'employeur de l'embaucher ensuite «sur un contrat stable et durable», avait annoncé la candidate socialiste, précisant que le système serait proposé aux entreprises de moins de 10 salariés.
Tollé à gauche
Cette annonce, qui ne faisait pas partie du «pacte présidentiel» de la candidate, a provoqué un tollé à gauche. Beaucoup y ont vu le frère jumeau du CPE. Leader de cette contestation, le président de l'Unef, Bruno Julliard, a appelé à ne «pas nourrir l'idée qu'il peut y avoir un CPE de gauche». Mais il s'est dit «satisfait des clarifications» apportées par l'équipe Royal, regrettant «cinq jours de flottement».
«Pas de CPE de gauche!», a lancé en écho Marie-George Buffet (PCF) tandis que José Bové a raillé le «CPE Royal».
Précisions apportées
Ségolène Royal a précisé jeudi le mécanisme qui s'appliquerait durant une phase transitoire de 3 mois, avec trois types de contrats qui suivraient ce stage initial: contrat à durée indéterminée, d'apprentissage ou de professionnalisation. La sociologue du travail Dominique Méda a précisé vendredi que l'objectif est la création de «80.000 emplois» la première année pour un coût de «un milliard d'euros». Le dispositif s'adresserait aux 120.000 jeunes quittant le système scolaire à la fin de la 3ème. Ils seraient embauchés par des entreprises comptant «de 10 à 20 salariés», contre moins de 10 auparavant.
Flou sur le remboursement de l’aide
Pour éviter les effets d'aubaine, les entreprises ne pourraient accueillir qu'un jeune à la fois en CPC et devraient «respecter un délai d'un an entre deux entrées par cette voie». La prise en charge de la rémunération par les pouvoirs publics cesserait au bout de 12 mois. Si l'employeur licencie le jeune durant cette période, il devra rembourser l'intégralité de l'aide. Il n'y sera plus tenu après 18 mois. Le flou demeure entre un an et 18 mois.
La droite a ironisé sur ces nouveaux aménagements, Nicolas Sarkozy moquant un projet qui «depuis mardi, a changé tous les jours». Les partenaires sociaux se sont montrés, eux, plutôt intéressés par un dispositif pour les jeunes sans qualification, avec quelques réserves sur les modalités.