Le FN mis en cause trop rapidement ?

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Publié le 6 avril 2007.

VIOLENCE – Le directeur de Sciences-Po Paris accuse le parti d’extrême droite d’avoir cassé la figure à un caméraman. Lequel dément…

Il semble s’être mis à son clavier un peu vite. Le directeur de l’Institut d’études politiques, Richard Descoings, affirme sur son blog que le service d’ordre du Front national s’en est pris à un caméraman jeudi à Sciences-Po Paris alors que Jean-Marie Le Pen sortait de la célèbre école. Selon lui, «le service d'ordre du candidat du Front national n'avait pas pu démontrer ses talents (…)» à l’intérieur de l’école. «C'est sur le trottoir, dans la rue, qu'un caméraman a payé : trois secondes d'une violence réfléchie, expérimentée, efficace. Il est resté sur le carreau, les pompiers l'ont emmené», écrit-il.

«Pas quelqu’un du FN»


Contacté par 20minutes.fr, la victime, Eric Ligot, un caméraman d’I-Télé, assure pourtant qu’il n’a pas été bousculé par «quelqu’un du Front national». Selon lui, son agresseur, habillé d’un costume gris et d’une cravate rayée, comme d’autres «gros bras» présents, serait sans doute un salarié d’une société extérieure à laquelle Sciences-Po aurait eu recours pour assurer la sécurité des candidats invités. «Il ne s’agissait pas, en tous les cas, d’un membre du service d’ordre du FN, reconnaissable à leur veste de cuir, ni d’un appariteur de l’Institut d’Etudes Politiques, habillé en bleu marine», assure-t-il.

«Un acte gratuit et volontaire»


Selon Eric Ligot, qui souffre d’un hématome à l’omoplate et pour lequel une incapacité de travail de cinq jours a été reconnue, la tension était forte, tout au long de la journée, entre les journalistes et le service d’ordre présent, un peu dépassé. D’autant plus qu’une quinzaine de télés web étaient présentes. «C’est un acte gratuit et volontaire», raconte celui qui souhaitait simplement filmer Jean-Marie Le Pen entrain de s’engouffrer dans sa voiture.

Un service d’ordre du FN absent ?


Contacté, le Front national a assuré que son service d’ordre n’avait pas accès à l’Institut d’études politiques. Selon Alain Vizier, responsable pour la presse au FN, seul le «garde du corps personnel» de Jean-Marie Le Pen est entré dans l’école, l’ordre étant assuré par «le service d’ordre de Sciences-Po et des policiers fournis par le ministère de l’Intérieur».

La direction de Sciences-Po n’était pas joignable vendredi après-midi.

Alexandre Sulzer
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