Ce n'est pas le thème favori des candidats à la présidentielle. Pourtant, le vieillissement de la population est une réalité quotidienne pour Olivier Kowalski. A 37 ans, cet infirmier libéral qui exerce depuis trois ans à Weyersheim, gros village à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg, affirme « bien vivre à condition de commencer à travailler le matin, dès 5 h 30 ». Son diplôme n'est reconnu qu'à bac +2, alors qu'il a poursuivi ses études une année de plus. Il aimerait que le vainqueur de la présidentielle remédie à cette situation, sans trop y croire : « Les politiques pensent plus aux maisons de retraites qu'à nous, sans se rendre compte que la demande de soins à domicile augmente. »Olivier Kowalski estime que le niveau de vie de ses patients a diminué, à l'instar des actes pris en charge par l'assurance-maladie. Illustration lors de la tournée du matin. Dans une imposante ferme alsacienne, dont l'activité semble en sommeil, nous rencontrons Nicole. A 55 ans, elle a dû trouver un travail d'appoint pour pouvoir payer les produits dont sa mère a besoin. L'état de la vieille dame de 79 ans, alitée depuis quatre ans, nécessite des soins attentifs. Aussi, Nicole attend du futur chef de l'Etat « la mise en place d'une meilleure prise en charge. Actuellement, en dehors des soins payés par l'assurance-maladie, nous n'avons aucune aide financière sous prétexte que nous possédons du terrain. »D'autres n'espèrent plus rien des candidats. C'est le cas de Joseph, ancien mécanicien de 77 ans, dont l'épouse est dépendante depuis un accident cardio-vasculaire. L'homme est las « d'entendre beaucoup de promesses. Les candidats de droite comme de gauche sont plus occupés à se faire élire qu'à régler les vrais problèmes des gens. » Il n'est pas le seul à être désabusé. Au cours de la même tournée, Jean-Marie, artisan diabétique de 54 ans, n'est pas plus tendre à l'égard des présidentiables : « Pour moi, les élections sont un renouvellement continuel de promesses jamais suivies d'effets. Ces gens-là ne roulent pas pour nous, les petits. » Pour illustrer son propos, Jean-Marie souligne que son statut professionnel n'offre pas de compensation de salaire lorsqu'il est malade, à moins d'avoir une mutuelle « hors de prix ». Et il fustige les 35 heures : « Elles ont généré plus de charges pour les petites entreprises comme la mienne. Du coup, mon niveau de vie s'est dégradé en même temps que mes conditions de travail. »