La météo était capricieuse, et contrastée, ce week-end à Deauville. A l'image de la sélection coréenne, qui a dominé les débats. On a (re)découvert avec plaisir les films de Park Chan-wook, cinéaste majeur auquel le festival rendait hommage, au cours de la journée ensoleillée de jeudi. Sa trilogie des Vengeances (dont fait partie Old Boy) et surtout sa fable politique située à la frontière des deux Corées, Joint Security Area, contrastaient avec Je suis un Cyborg, son dernier opus en forme de comédie bizarroïde, dont l'héroïne suce des piles tandis que son sens de l'humour nous a quelque peu échappé... Pourtant, Park Chan-wook n'en manque pas, d'humour, lui qui présentait ce film « comme un nouveau départ », et qui espère « glaner un prix du meilleur espoir dans quelques années ». Vendredi matin, il neigeait sur Deauville et Lee Yoon-ki présentait Ad Lib Night en espérant que « l'effet de surprise qu'avait produit la neige au réveil serait le même que celui que produirait son film ». Voeu exaucé : il a reçu un joli prix de la critique.Samedi, c'est sous une pluie battante qu'Im Sang-soo a révélé la terrible répression qui suivit des manifestations étudiantes en 1980, dans un film au style quasi documentaire, Le Vieux Jardin. Et l'orage a grondé quand fut projeté King and the Clown, farce hénaurme et bidonnante signée Li Joon-Ik. Un film à très petit budget, dont le succès phénoménal en Corée, avec 12 millions d'entrées, laissait supposer qu'il remporterait au moins ce Prix du jury mérité qui lui a été décerné.