DEGRADATIONS – Une cinquantaine de tombes ont été attaquées, à la veille de la Pâque juive...
Sans précédent. La dégradation, dans la nuit de samedi à dimanche, à la veille de la Pâques juive, d’une cinquantaine de tombes à Lille-sud a suscité une cascade de réactions. La maire (PS) de Lille Martine Aubry, le préfet Daniel Canépa, le ministre (UMP) de l’Intérieur François Baroin et Jacques Chirac ont exprimé leur indignation et leur soutien aux familles. Cinquante et une tombes, sur les trois cents que compte le carré juif du cimetière de Lille-Sud, ont subi des dommages. Les stèles de la plupart d’entre elles ont été renversées.
Les déprédations ont été découvertes aux alentours de
8 h du matin par les employés du cimetière, qui n’avaient rien remarqué la veille au soir. Aucun graffiti ou trace d’effraction n’ont été retrouvés. Le président de la République a demandé que « out soit mis en œuvre pour retrouver les auteurs de cette infamie». Une quarantaine d’enquêteurs de la PJ de Lille sont mobilisés, ainsi que le service de police scientifique de Lyon.
Des faits similaires, mais restreints à quelques tombes, s’étaient déjà produits il y a une dizaine années dans ce cimetière. «De par l’ampleur, cela ressemble cette fois à un acte organisé», a estimé Martine Aubry, rejoignant Jean-Claude Komar, président de la communauté juive de Lille, qui parle «d’acte antisémite caractérisé». Pour ce dernier, comme pour le préfet du Nord Daniel Canépa, aucun lien n’est à faire avec les échéances électorales. «L’enquête devra permettre de lever toutes les suppositions», a précisé le préfet.
Olivier Aballain, à Lille