GARE DU NORD – Suite des comparutions immédiates après le sincidents de mardi…
Six mois de prison ferme et douze mois avec sursis ont été infligés vendredi après-midi à l'un des participants présumés aux incidents de la Gare du Nord mardi soir à Paris. Le tribunal correctionnel de Paris a donc été plus clément que le procureur qui avait requis dix-huit mois de prison, dont huit avec sursis et mise à l'épreuve.
Sylvain, 23 ans, est poursuivi pour avoir jeté une jardinière de fleurs depuis le 2e étage en direction des policiers qui n'ont pas été atteints.
Le procureur Bruneau Badré a qualifié les «faits d'une exceptionnelle gravité qui fait froid dans le dos».
Le jeune homme a assuré que son geste était «un acte de colère» et qu'il «ne visait personne».
Son avocate Béatrice Ardoux a demandé au tribunal de requalifier les faits de «violences commises sur personne dépositaire de l'autorité publique» en «mise en danger de la vie d'autrui» et demandé pour son client un stage de citoyenneté.
Les autres peines
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé jeudi deux peines de prison ferme et une peine avec sursis contre trois des participants aux incidents de la gare du Nord et renvoyé à une date ultérieure l'examen du cas de deux autres personnes dont celui du resquilleur à l'origine des faits.
Prison ferme
Deux jeunes gens âgés de 28 et 19 ans ont été condamnés à une peine de 4 mois ferme pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Le procureur avait requis six mois ferme à leur encontre. Le premier des deux, désigné par deux policiers, a formellement contesté ces accusations à l'audience. Le second, a reconnu le jet d'une canette de bière mais a affirmé qu'il ne visait pas les policiers. Pour leurs avocats, «les jeunes gens ont eu le tort de se trouver au mauvais moment au mauvais endroit». L'un des deux, en situation irrégulière en France, a été condamné à trois ans d'interdiction du territoire français.
Prison avec sursis
Le tribunal a condamné un troisième jeune homme à une peine de quatre mois avec sursis pour avoir lancé une paire de chaussure de sport sur des policiers. Ce prévenu, un ancien pâtissier de 28 ans, avait, lors de sa garde à vue, expliqué son geste par l'exaspération que lui avait procuré dans la soirée l'attitude des CRS qui, avait-il dit, gazaient tout le monde, même les passants.
Renvoi de l’examen du resquilleur
Le président a renvoyé au 2 mai l'examen du cas du voyageur sans billet dont l'arrestation est à l'origine des affrontements de la gare du Nord, conformément à la demande de son avocat. Le prévenu a été placé en détention provisoire jusqu'à cette audience.
Autres cas
Enfin, l'examen du cas d'un cinquième jeune homme, âgé de 18 ans, accusé d'avoir dérobé une paire de chaussure dans un magasin vandalisé a été renvoyé au 25 avril comme l'avait souhaité son avocate. Le président a ordonné dans ce dossier un supplément d'information pour que soient visionnées les bandes d'une caméra de vidéosurveillance qui filmait le magasin le jour du pillage. Le prévenu a été placé en détention provisoire jusqu'à la prochaine audience, conformément aux réquisitions du parquet.
Six jeunes mineurs, soupçonnés d'avoir participé aux incidents, ont par ailleurs été présentés dans la journée à un juge ou devant le tribunal des enfants, a indiqué le parquet de Paris. Enfin, deux dernières personnes interpellées gare du Nord se trouvaient toujours jeudi en garde à vue et pourraient être présenté vendredi à la justice. L'un d'eux est soupçonné d'avoir jeté une jardinière de 20 kg du haut de deux étages lors des incidents.