Gare du Nord : le calme avant la justice

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Publié le 29 mars 2007.

EMEUTE - Les incidents demardi jugés en partie aujourd’hui ont déclenché une polémique avant la présidentielle...

Plus aucune trace ne subsistait hier de la flambée de violence de mardi soir à la gare du Nord à Paris (10e). Si ce n'est une inhabituelle présence policière, et surtout une vague de protestation au sein de la classe politique, relançant du même coup le thème de l'insécurité dans la campagne présidentielle. Le bilan de la préfecture de police de Paris fait état de treize interpellations et neuf blessés légers. Plus grave, un agent RATP a été blessé au visage après un coup de tête qui lui vaut cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT).Retour sur les faits. Mardi, vers 16 h 30, un homme de 32 ans tente de passer le tourniquet de la station sans billet. Deux agents RATP s'interposent. « Il s'est violemment rebellé et a tenté de se soustraire au contrôle en rameutant la foule », indique la préfecture de police. C'est alors qu'il aurait asséné un coup de tête à l'un des deux agents, ce que le resquilleur a nié hier durant sa garde à vue. « Une patrouille de gendarmerie mobile, en mission Vigi­pi­rate, a ensuite porté assistance aux agents et interpellé cette personne, qui a été conduite au commissariat du 10e », poursuit la préfecture. Le ministre de l'Intérieur, François Baroin, qui s'est rendu hier sur les lieux, a indiqué qu'il s'agissait d'« un récidiviste défavorablement connu des services de la police, avec vingt-deux dossiers de violences volontaires, et de surcroît entré illégalement sur le territoire ». A la suite de cet incident, « un groupe de plusieurs dizaines de jeunes gens s'est formé pour protester contre cette arrestation. » Très vite, trois cents personnes se livrent à des actes de violence qui dureront sept heures, s'accompagnant de bris de vitrines.Mais alors que le ministre de l'Intérieur saluait hier « le sang-froid » des policiers, plusieurs témoins dénonçaient l'attitude des forces de l'ordre, qui se seraient montrées violentes lors de l'interpellation du resquilleur, puis auraient rapidement fait usage de gaz lacrymo. La justice se prononcera aujourd'hui. Parmi les sept majeurs interpellés, au moins quatre seront jugés cet après-midi en comparution immédiate : trois pour violence avec armes sur agent de la force publique sans ITT, et le resquilleur, pour menaces et violences sur agent du service public. Parmi les six mineurs interpellés, au moins deux seront présentés aujourd'hui à un juge pour enfants.

M. Bosredon et M. Hajdenberg
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