ACTIVISME - Douze militants sont montés sur la centrale de Belleville. Les gendarmes les ont fait descendre…
«EPR = danger», voilà ce que la douzaine de militants de
Greenpeace a peint mardi à mi-hauteur de la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de
Belleville-sur-Loire (Cher). Ils ont ensuite déployé une banderole portant l'inscription «Greenpeace».
Les militants, de huit nationalités différentes, étaient toujours à 18H00 sur le site, surveillés par soixante gendarmes, dont des membres du GIGN et des membres du centre national d'instruction de ski et d'alpinisme, appuyés par quatre hélicoptères. Ils entendaient dénoncer les «dangers des centrales nucléaires».
La manifestation se termine sans violence
Ils ont d’abord pénétré dans l'enceinte de la centrale vers 8h00 puis sont montés sur la tour en utilisant l'échelle extérieure. Ils sont ensuite descendus en rappel à l'aide de cordes et se sont arrêtés à mi-hauteur.
Une vingtaine de gendarmes guides de haut montagne, arrivés sur le site à la mi-journée, ont fait descendre les activistes regroupés au sommet de la tour.
Un précédent en 1996
Le nouveau ministre de l'Intérieur François Baroin s'est félicité de «l'issue de l'opération qui a mis un terme sans violence» à cette manifestation. Dans un communiqué, le ministre assure que «bien que la sûreté nucléaire de la centrale n'ait jamais été mise en jeu, il a cependant été décidé au regard des risques encourus par les manifestants, notamment à l'approche de la nuit, de procéder à leur récupération au sommet de la tour de réfrigération».
En mai 1996, trois militants antinucléaires avaient déjà passé trois jours au sommet de l'une des deux tours de réfrigération de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne).
«C’est un acte politique»
Cette opération pose de nombreuses questions sur la sécurisation de telles installations. «Les personnes ont pénétré sur le site par effraction, sur la partie non nucléaire de l'installation, a affirmé la direction de la centrale dans un communiqué. Immédiatement, les installations ont été sécurisées selon les procédures prévues».
«C'est un acte politique. A aucun moment la situation n'a été dangereuse pour le site nucléaire», a insisté le préfet du Cher Claude Kupfer. Selon un spécialiste français du terrorisme, cette opération illustre les «déficiences» de la sécurité des centrales. Il est «tout à fait anormal que des manifestants aient pu s'introduire sur le site sans être détectés» , a affirmé Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R).
Greenpeace a déjà mis en ligne la vidéo de l'opération: